À la fin de la 29e semaine depuis l’écroulement de l’empire Rawat dans le sillage de l’opération « Daylight Robbery », le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola, Chief Executive Officer de BDO, prévoit d’identifier le repreneur de la clinique Apollo-Bramwell. C’est ce qu’indiquent des sources autorisées à l’échéance de l’exercice de Request of Proposals avec au moins une dizaine de sociétés mauriciennes et étrangères soumettant des cotations à hier soir. Depuis très tôt, ce matin, une équipe de spécialistes de la firme BDO entame l’étape d’évaluation d’offres. En parallèle, les limiers du Central CID, sous la supervision de l’assistant commissaire de police, ACP Heman Jangi, passent actuellement au peigne-fin toutes les transactions immobilières et foncières entreprises par le clan Dawood Rawat et ses plus proches collaborateurs dans le monde des affaires en vue d’identifier les « sources of funds » pour ces deals à coups de dizaines de millions. Un autre volet de l’enquête est axé sur les transferts de fonds détournés du groupe BAI au profit de la société Yukondale Ltd, incorporée pour satisfaire les ambitions du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat, en vue d’une main-mise sur des titres de la presse écrite et parlée. Ces détails serviront de base pour les prochaines séances d’interrogatoire Under Warning de Swadeck Taher, Chief Executive Officer de Bramser Services Ltd et Chief Financial Officer du groupe BAI, et de Seemadree Rajanah, Chief Operating Officer.
À ce matin, soit à la fermeture de l’exercice de Request For Proposals, une dizaine des 25 sociétés locales et internationales ayant pris part à l’étape initiale d’Expression of Interest ont soumis des offres cachetées en vue de la reprise de la clinique Apollo-Bramwell, l’un des derniers dossiers majeurs de l’empire démantelé de Dawood Rawat, excluant les avoirs de BAI dans Britam (Kenya), qui fait actuellement l’objet de discussions. Sauf le nombre de cotations, très peu de renseignements au sujet des offres ont transpiré.
« Depuis ce matin, l’exercice d’évaluation est en cours et très probablement, nous devrons avoir une meilleure idée de la situation car l’Expression of Interest comporte des offres avant différentes options allant de la prise de participation intégrale ou majoritaire à la simple formule de Management Contract », a laissé entendre au Mauricien une source autorisée mais requérant l’anonymat.
Le calendrier de travail prévoit que d’ici la fin de la semaine, le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd devra être en mesure de proposer à la Financial Services Commission ses recommandations en vue du choix formel de l’éventuel repreneur. Toutefois, l’aspect social et opérationnel sera déterminant lors de cette prise de décision. L’une des conditions du Request For Proposals est que l’aspect financier comptera pour 70 % et le côté technique 30 %. Les propositions du redéploiement du personnel de la clinique, soit autour de 800 tous grades confondus, pèseront de tout leur poids.
Entre-temps, la clinique Apollo-Bramwell, placée sous la responsabilité de la National Health Care Ltd et de la State Investment Corporation, met à exécution un plan de relance de ses opérations et de reconquête de sa part de marché. La nouvelle direction, qui mise sur la reconnaissance internationale de la clinique, souligne que « we have successfully treated more than 185, 000 patients of which more than 8, 000 were from overseas. Patients from the region e.g. Madagascar Seychelles and Comoros are regularly referred to us by their respective governments and we are proud to confirm that we have always delivered to the highest standard ».
Toutefois, le hic demeure que depuis le 20 septembre dernier, la validité du Joint Commission International Survey des Etats-Unis, élément considéré comme étant le Gold Symbol for Quality Healthcare, est arrivée à expiration. La clinique Apollo Bramwell, qui avait décroché cette accréditation de la Joint Commission International en 2012, a réclamé un renvoi à décembre prochain en vue de compléter le JCI Audit avec des procédures préliminaires déjà enclenchées. D’ailleurs, cet audit devra constituer une des priorités de la nouvelle administration de la clinique car il y va de la réputation internationale de cette institution.
Par ailleurs, en marge de la convocation prochaine pour interrogatoire Under Caution des Top Guns de BAI, dont l’ancien Chief Executive Officer et Chairman, Saleem Eshan Beebeejaun, qui est attendu d’un déplacement de l’étranger en ce début de semaine, Swadeck Taher et Seemadree Rajanah, le Central CID est sur le point de compléter la compilation de toutes les transactions immobilières et foncières par le clan Rawat de même que ses associés en affaires. Le dernier dossier en date porte sur l’acquisition d’un terrain à Sébastopol pour Dawood Rawat avec la transaction financée à partir des fonds détournés, soit presque Rs 15 millions.
L’un des dossiers majeurs, au chapitre des transactions immobilières, intéressant le CCID établissant le mécanisme de détournements de fonds de BAI Co (Mtius) Ltd, n’est autre que les 17 appartements de luxe de Diplomat Garden à Floréal, avec un préjudice de quelque Rs 400 millions. Les hommes de l’ACP Jangi procèdent actuellement à la collecte d’informations sur les liens entre la Société Grand’Mère, l’entité Greensboro Ltd, la firme de construction Ireko et le groupe BAI par rapport au complexe résidentiel haut de gamme de Diplomat Garden.
La bande à Beebeejaun/Taher/Rajanah, qui devront être entendus sur ces placements immobiliers pour le compte des Rawat, sera également confrontée à d’autres acquisitions foncières du groupe, dont un terrain à la rue Labourdonnais à Port-Louis, évalué à Rs 64, 5 millions, un terrain et un immeuble à Castel (Rs 180 millions), un terrain et un immeuble à la rue Révérend Lebrun à Port-Louis (Rs 143 millions), un terrain et un immeuble à Curepipe (Rs 145 millions) ou encore un terrain et un immeuble Kapu Kai Property à Grand-Baie (Rs 273 millions).
D’autre part, les transferts de fonds du groupe BAI sous forme de prêts, qui n’ont jamais été remboursés par la société Yukondale Ltd – celle qui devait asseoir la suprématie de Dawood Rawat au sein de la presse – fonds évalués à quelque Rs 500 millions, devront également figurer en bonne place dans le calendrier de travail des prochains jours du CCID. Une des proches de Dawood Rawat, considérée comme une figure emblématique de Yukondale Ltd, assurant le Financial Footprint dans la presse, pourrait avoir des comptes à rendre dans le BAI Ponzi Scheme.
Dans l’immédiat, le CCID préfère se concentrer sur le dossier de la « générosité » de la Bramer Banking Corporation Ltd avec un prêt de Rs 40 millions à l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour l’acquisition de son bungalow de Roches-Noires. Après Swadeck Taher, qui avait conjointement signé la lettre de garantie, Yatemani Gujadhur, qui faisait partie du Credit Committee de la Bramer Bank, ayant accordé cet emprunt, est entendu Under Warning au QG du CCID à ce sujet. Il a retenu les services de Me Mooloo Gujadhur.