Il n’a côtoyé les pros que durant la présente saison. Aujourd’hui, après 51 montes — toutes apparitions confondues —, l’apprenti jockey mauricien Jameer Allyhosain se dit satisfait de son parcours. Son compteur affiche cinq victoires. « C’est un score que je visais. Je dirai que j’ai déjà atteint mon objectif 2017 », lâche-t-il sans ambages.
De ses quatre montes de samedi dernier, Allyhosain a sauvé sa journée avec l’outsider Bono Vox, tombeur d’un gros favori, Avail. « Mon coursier est souvent lent au départ. Mon entraîneur m’a suggéré de le faire courir caché. Je me suis montré patient jusqu’aux 400m, quand j’ai trouvé l’ouverture. J’étais bien lancé sur les barres et quand je me suis retrouvé à hauteur d’Avail, je me disais que je tenais le bon bout. Bono Vox a très bien accéléré sur les barres. »
Bono Vox, un ancien pensionnaire de Patrick Merven et qui renouait avec le succès après plus d’un an de disette, offrait à Simon Jones son deuxième gagnant de la 29e journée. « Le groupe était en souffrance cette saison. Cette victoire, qui s’intercale entre le succès de Burwaaz et celui de Greys Inn Control, fortifie notre moral. Les propriétaires de Bono Vox étaient aux anges. »
Des trois autres montes d’Allyhosain, seul Cula s’est placé. « On attendait mieux que cette quatrième place de Cula. Le cheval se fait vieux et devient irrégulier. Il a couru one-paced. Brachetto (5e) n’a été que l’ombre de lui-même dans l’épreuve d’ouverture, tandis que Prince Of Arabia est à revoir, après un parcours difficile sur 1850m. »
Amoureux de la race équine depuis son enfance, Jameer Allyhosain avait passé toutes ses vacances scolaires au Domaine Les Pailles. Si bien qu’il abandonna ses études en Form IV au collège Islamic de Port-Louis pour faire de sa passion son métier. « Je me suis retrouvé chaque matin au Domaine Les Pailles, où j’ai commencé ma formation d’apprenti jockey. J’ai été formé sur le tas. En 2012, je suis parti à l’aventure en Nouvelle-Calédonie. Je suis retourné à Nouméa en 2015 », se rappelle-t-il.
À son retour à Maurice, au cours de cette année 2015, il obtient deux montes dans des courses réservées aux Mauriciens. Un an plus tard, il se signale au Champ de Mars avec Van Der Scaler. « C’est une victoire qui restera gravée dans ma mémoire. C’était le 9 juillet 2016 (16e journée), sous les couleurs de l’établissement Gujadhur. »
À 25 ans, cet apprenti de 1,75m pour 54 kilos, qui compte sept victoires à son actif (cinq cette saison), veut gravir les échelons. Sa première victoire chez les pros, il l’a d’ailleurs acquise cette année, lors de la 16e journée (une fois encore), et avec la casaque bleu électrique (une fois encore). « C’était avec Silver Snaffles », indique-t-il. Avant de poursuivre : « Je sais que ce n’est pas facile au Champ de Mars. Je ne veux pas me mettre de la pression inutile. J’ai connu ma première monte chez les pros cette année seulement et les choses vont vite. Je m’étais dit que si je ramène cinq gagnants cela me suffira. Désormais, toute nouvelle victoire dans ce présent exercice ne sera que du bonus. »