La récente décision de la Competition Commission de rouvrir le dossier du marché du ciment fait que les importateurs se retrouveront, du moins jusqu’à septembre, sous stricte surveillance. D’aucuns affirment que les consommateurs pourraient bénéficier, après les récentes flambées, d’une accalmie sur le plan des prix le temps du déroulement de cette enquête un an à peine après la libéralisation de l’importation du ciment. Les prévisions, dont une plus grande compétition entre les opérateurs au bénéfice des consommateurs, ne se sont nullement matérialisées.
« Au moins jusqu’au mois de septembre quand la Competition Commission rendra publiques les conclusions de cette nouvelle étude, rares seront les importateurs qui oseront la défier avec un nouveau rajustement du prix du ciment à la hausse », commentent les observateurs avertis de cet important marché stratégique avec le retrait de la State Trading Corporation depuis juillet 2011.
Justifiant la décision d’assurer une follow-up study du marché du ciment, la Competition Commission rappelle que la décision de libéralisation a été prise par le gouvernement « with a view to allowing new players to enter the market and making it more competitive ». Elle ajoute que dans ses recommandations au gouvernement, elle a mis l’accent sur l’absence de conditions pour favoriser l’entrée de nouveaux opérateurs dans le circuit. « The commissioners recommended that government should ensure that there is adequate space available at the port together with the enabling environment to ease new entry into the market », s’appesantit la Competition Commission dans la conjoncture.
Or les deux major players sur le marché demeurent jusqu’ici Holcim et Lafarge, dont le poids mondial en ciment est de 180 millions de tonnes, alors que le troisième opérateur potentiel, Binani, avec sa production de huit millions de tonnes, se retrouve encore au stade des procédures. Il se bat d’ailleurs toujours devant l’Environment Appeal Tribunal à la suite d’une objection formulée par Lafarge contre le permis EIA.
La nouvelle étude de la Competition Commission sur le marché du ciment vise à mieux appréhender « the current conditions of competition, including potential barriers to entry and to come up with further recommendations to the government to make the market more competitive ». Difficile à ce stade de dire si la commission tentera de tirer au clair les relations « incestueuses » entre les principales compagnies engagées dans le secteur de la construction et les sociétés assurant l’importation du ciment.
Un autre volet de l’enquête pourrait porter sur l’entente entre les grandes quincailleries du pays dans le réseau de distribution du ciment. À ce stade, ont été entendues les protestations de l’Association des consommateurs de l’île Maurice et de l’Association de la protection des consommateurs devant les dernières majorations de prix au lieu de baisse comme promis en juillet 2011.
Dans un commentaire officiel, le Dr Sean Ennis, directeur exécutif de la Competition Commission, note que « well-functioning and competitive markets are important in achieving economic growth and keeping costs low. Cement as part of the larger construction industry provides vital inputs across economy and competitive cement market is crucial for economic growth ».
Le calendrier de travail établi par la Competition Commission prévoit jusqu’au mois de juin une étape initiale d’information-gathering et d’entretiens avec les parties intéressées. L’ébauche du rapport devra être prête le 28 juin en vue d’incorporer les commentaires. La commission procédera à des auditions sur la base de ce document en août avec le rapport officiel soumis en septembre.