Après la pénurie de carburant le matin du 10 décembre, jour des dernières élections générales, Rodrigues vit cette fin d’année dans l’angoisse par rapport à l’approvisionnement en marchandises de première nécessité et stratégiques pour les activités économiques dans l’île. Avec la vente du Mauritius Pride, le problème demeure entier vu qu’à ce jour aucune décision n’a encore été prise par le gouvernement et la Mauritius Shipping Corporation pour une solution temporaire.
Intervenant lors de l’ultime séance de l’Assemblée régionale de Rodrigues, hier, le chef commissaire, Serge Clair, a confirmé que faute de bateau, des conteneurs de marchandises sont restés bloqués à quai à Port-Louis. Les opérateurs économiques aussi bien que les éleveurs de Rodrigues font ainsi face à de graves difficultés en cette fin d’année.
Serge Clair n’a pas caché ses inquiétudes devant la détérioration de la situation au chapitre de l’approvisionnement de Maurice. Confirmant l’incapacité d’acheminer à Rodrigues des conteneurs de marchandises, il a ajouté que la Mauritius Shipping Corporation n’a pu assurer aux autorités à Rodrigues si ces commandes seraient transportées à temps pour la fin de cette année.
Le chef commissaire n’a aucune garantie de la MSC qu’il y aura un voyage supplémentaire avant la fin de l’année pour rétablir la situation. Par la même occasion, il a dénoncé le manque de communication entre la MSC et l’Assemblée régionale et a exprimé le souhait de voir un représentant du conseil exécutif de Rodrigues être nommé sur le conseil d’administration de la MSC pour une meilleure coordination pour un meilleur service.
Avec l’installation du nouveau gouvernement de l’Alliance Lepep à l’hôtel du gouvernement et le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, détenant le portefeuille de Rodrigues, le dossier de desserte maritime pourrait être l’une des priorités à être abordées par le chef commissaire pour son déplacement à Maurice en cette fin d’année.
Entre-temps, les plus affectés sont les contracteurs dans le secteur de la construction. Depuis quelque temps déjà, ils font face à de problèmes chroniques pour s’approvisionner en ciment. Un de ceux interrogé par Le Mauricien indique qu’« en moyenne, je consomme quotidiennement 50 pochettes de ciment. Depuis quelques jours, je n’en trouve qu’une seule ». La conséquence est un net ralentissement des travaux sur les chantiers.
Richemond Legentil, éleveur, doit revoir son travail en raison de la rareté des aliments d’animaux sur le marché depuis que le Mauritius Trochetia a effectué un voyage à Agalega. « Nous sommes obligés de faire la queue. La livraison des aliments pour les animaux se fait par ration. Nous sommes obligés de puiser dans nos stocks pour ne pas ralentir notre cadence de travail. Pour reconstituer ces stocks et répondre à la demande normale, il faudrait une période de trois à quatre semaines », soutient-il, en ne baissant pas les bras face à ces problèmes.
Pour leur part, les boutiquiers évitent de parler de pénurie et préfèrent plutôt le terme « tension sur le marché », selon les propos d’un commerçant. Avec la fête de fin d’année les rumeurs courent qu’il y aurait davantage de pénuries encore.