Alors que le président du conseil d’administration, Eric Ng, fraîchement nommé par le conseil des ministres vendredi, s’évertuait à étaler publiquement sa nouvelle mission, la State Trading Corporation avalisait son bilan financier au 31 décembre dernier avec des profits de l’ordre de 759 millions, alors que jusqu’ici, cet organisme para-public alignait des déficits portant sur des centaines millions chaque année. La nouvelle direction, avec Megh Pillay comme General Manager, a su opérer un changement de cap d’envergure pour obtenir ces résultats. Toutefois, force est de constater que l’enveloppe de subsides sur les prix au détail du gaz ménager, du riz et de la farine a été de l’ordre de Rs 1,1 milliard l’année dernière.
La particularité de cette année est qu’au terme de The Stimulus Package Act, tous les corps para-étatiques sont tenus obligatoirement à faire présenter leurs bilans financiers à leurs conseils d’administration au plus tard le 31 mars. Pour sa part, malgré l’indisponibilité de son ancienne présidente, le Board de la STC s’est réuni mercredi pour prendre connaissance des détails de ce bilan financier. Week-End n’a pas été en mesure de confirmer si les autres corps para-publics ont respecté le nouveau deadline de la fin de mars pour leurs comptes annuels.
Les principaux détails glanés indiquent que le chiffre d’affaires généré par la STC en 2011 a été de Rs 36,3 milliards, contre Rs 28,5 milliards pour l’année précédente. Cette progression de 27% a été réalisée malgré le désengagement de la STC dans des opérations du commerce du ciment depuis juin de l’année dernière. Autre détail qui mérite d’être relevé : au cours de l’année écoulée, la STC a remboursé des Outstansding Borrowings de Rs 1,2 milliards et des découverts bancaires de Rs 315 millions.
Quelque Rs 32,3 milliards proviennent de l’importation et de la distribution de produits pétroliers. Avec la volatilité du cours mondial du pétrole, la facture a enregistré une hausse de 42% en une année. En effet, le cours du London Brent Crude, qui était en moyenne de 79 dollars américains la tonne en 2010, est grimpé à 111 dollars l’année dernière.
Par ailleurs, la STC a récolté la somme de Rs 740 millions au titre de la charge imposée dans la structure des prix du mazout et de l’essence. Cette somme a été remise à la Road Development Authority.
Avec les changements intervenus en mars de l’année dernière, soit une baisse dans le taux de contribution pour couvrir les Hedging Losses de Rs 4,7 milliards plus intérêts, la STC n’a bénéficié que d’une somme de 623,7 millions, soit quasiment la moitié de la moyenne annuelle. Si le montant de la contribution pour le Hedging avait été maintenu à Rs 3 par litre d’essence ou de mazout, les pertes substantielles sur la Hedging Saga de 2008 auraient dû être épongées le mois prochain.
Un autre item de dépenses majeures dans les comptes de la STC concerne les subsides sur les prix de première nécessité. En 2011, cette enveloppe financière couvrant les prix du gaz ménager, de la farine et du riz se montait à Rs 1,1 milliard, presque Rs 500 millions de plus que l’année précédente.
Le plus gros morceau de ce budget, soit une somme de Rs 610,9 millions, avait été alloué pour maintenir le prix de la bonbonne de gaz ménager. En 2010, cette montant était de Rs 443 millions.
Avec la hausse du cours mondial du blé, de 381 dollars américains la tonne à 503 dollars, en 2011, la STC a dû prévoir Rs 385 millions, soit presque le double, pour garder le demi-kilo de farine à Rs 5.85. Au cours de cette même année, la STC avait écoulé un peu moins de 100 000 tonnes de farine sur le marché local.
Le budget de subsides sur le prix de vente du riz de ration a été de Rs 132 millions pour un volume de 19 902 tonnes en une année.
N’empêche que la plus grande satisfaction de ces douze derniers mois à la STC reste le fait qu’il n’y a pas eu de majoration du prix des produits pétroliers à la pompe. La dernière révision des prix remonte à un an déjà. Pari tenu, dit-on à la STC, même si depuis la semaine écoulée, la pression pour une révision à la hausse des prix pétroliers se fait de plus en plus sentir.
Les membres du conseil d’administration ont pris note à la réunion de cette semaine que l’absence de fluctuations mensuelles de prix pétroliers a débouché sur des éléments positifs dans les comptes de la STC. Ainsi, les Invisible Losses avec ces changements fréquents de prix ont été éliminées, car la STC était appelée à rembourser des Windfall Losses en faveur des détaillants en cas de baisse de prix, et n’obtenait rien en retour en cas de Windfall Gains.
Sur le plan macro-économique, le maintien des prix de l’essence et du mazout ont contribué de manière positive à la lutte contre l’inflation au sein de l’économie au cours de ces 12 derniers mois.