Le contrat d’approvisionnement en produits pétroliers de la Mangalore Refinery & Petrochemicals Ltd en Inde sera l’un des dossiers prioritaires évoqués lors de la présente mission à Maurice du ministre indien du Commerce, Anand Sharma. Le contrat initial de trois ans avec la MRPL arrivera en effet à échéance fin juillet et les négociations entre les raffineurs indiens et la State Trading Corporation (STC) ont atteint un tournant relativement délicat. D’autre part, le ministre indien du Commerce, qui est arrivé à Maurice en vue de participer à la conférence de l’Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation (IOR-ARC), devra également confirmer l’intérêt de New-Delhi dans le projet visant à transformer Maurice en un Petroleum Hub avec la construction d’un terminal spécialisé dans la région de Pointe-aux-Caves.
L’absence de toute décision officielle de la part de Maurice en faveur du renouvellement du contrat pétrolier de trois ans avec la MRPL suscite déjà des appréhensions en Inde. C’est en tout cas ce que laisse comprendre la partie indienne dans la presse spécialisée de la Grande Péninsule ce matin. « There appears to be a lack of seriousness on the part of the State Trading Corporation Mauritius in concluding the contract », notent des sources officielles à la PRPL au quotidien indien The Hindu.
Du côté de l’hôtel du gouvernement et de la STC, on prefère ne pas commenter le ‘move’ des raffineurs indiens dans la conjoncture actuelle, préférant attendre les négociations pour dévoiler les batteries en vue d’obtenir les meilleures conditions possibles pour cet approvisionnement stratégique. L’année dernière, la facture pétrolière s’est élevée à quelque Rs 35 milliards pour pas moins d’1,3 millions de tonnes de produits pétroliers.
La participation du ministre indien du Commerce à la conférence de l’IOR-ARC constituera une occasion pour les deux gouvernements de passer en revue l’état des négociations entre la MRPL et la STC au sujet du renouvellement de ce contrat. Le ministre Anand Sharma doit s’entretenir avec son homologue mauricien, Cader Sayed-Hossen, en fin de semaine, vu que les produits pétroliers représentent 80% des exportations de l’Inde vers Maurice.
Un autre dossier majeur abordé lors du tête-à-tête Sayed-Hossen – Sharma concerne le projet de Petroleum Hub à Maurice, avec une éventuelle mise en opération d’un terminal dans la région de Pointe-aux-Caves. L’Inde a déjà signifié son intérêt d’être partie prenante de la réalisation de cet ambitieux projet et des consultations indo-mauriciennes ont déjà eu lieu depuis le début de l’année. Le but est de prendre avantage des nouvelles opportunités à Port-Louis pour exploiter l’accroissement du trafic maritime dans cette partie du monde. « We agreed that there was an immediate need for Mauritius to increase its storage capacity of petroleum products both to ensure security of supply to meet domestic requirements through strategic stocks and to capitalise on new opportunities in demand for bunker fuel as well as to address growing demand in the regional markets. Indeed, maritime traffic is growing steadily in the Indian Ocean as a result of increasing trade between the emerging economies of Asia and Africa with South America. A growing share of this traffic is being driven closer to Mauritius by the expansion of the piracy activities in the area. Thus, the demand for bunker fuel is increasing in the region and is estimated to be around one million metric tons. Mauritius has a share of some 30% only, but is well positioned to expand », soutient le ministre Sayed-Hossen au sujet de ce projet de Petroleulm Hub.
La décision a déjà été prise en vue de mettre sur pied un Joint Working Group entre l’Inde et Maurice en vue de définir les différentes options de financement ou encore la « capital and operational structure of a Special Purpose Vehicle » avec le gouvernement en tant qu’actionnaire majoritaire.
A ce jour, suite à la nomination par le ministère des Finances d’un Transaction Advisor depuis décembre dernier, un Request for Proposal (RFP) a été transmis à six « potential bidders, including advisory and technical engineering firms ».
D’autre part, toujours en ce qui concerne les importations de produits pétroliers de l’Inde, des informations déposées au secrétariat de l’Assemblée nationale indiquent que, pour la période allant du 18 août 2010 au début de mars dernier, la STC a payé la somme de Rs 54,7 millions sous forme de « Demurrage Fees » à Betamax Ltd, propriétaire du pétrolier Red Eagle. Au cours de ces 61 voyages, ce pétrolier a transporté un peu plus de 2,8 millions de tonnes métriques de produits pétroliers.