Le calvaire de Joseph Ferdinand Wavalegi, 56 ans, de nationalité sri-lankaise, Winsley Milazar, 25 ans, et Francis Raboude, 49 ans, trois membres d’équipage d’un catamaran qui a dérivé en mer entre Maurice et la Réunion pendant au moins deux semaines, a pris fin ce matin avec leur embarquement à bord du Mauritius Pride pour arriver à Port-Louis demain matin. Les trois hommes sont cependant attendus à Maurice par l’ADSU.
Le débarquement au Terminal Aurélie Perrine ne sera nullement de tout repos pour les trois rescapés, une escouade de limiers de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) ayant été constituée en vue de les cueillir pour de longues séances d’interrogatoire au sujet de cette sortie en mer. Celle-ci a débuté le 6 décembre et a fini par un naufrage au large de la baie de St-Benoît à l’île de la Réunion. L’ADSU, qui a travaillé en étroite collaboration avec les autorités réunionnaises, tentera d’élucider plusieurs zones d’ombre autour de cette affaire.
Jusqu’ici, l’enquête initiée à Maurice depuis le sauvetage de ces trois membres d’équipage du voilier au large de la Réunion le matin du 22 décembre n’a pas permis d’identifier le propriétaire de l’embarcation. Dans un premier temps, les autorités policières avaient identifié le catamaran comme étant l’Ocean Cruiser de Rivière-Noire alors que les informations fournies par les naufragés à la partie réunionnaise étaient des plus incomplètes en l’absence de la documentation officielle de l’enregistrement auprès de la Tourism Authority.
En ce début de semaine, les détails qui circulent identifient le voilier comme étant le Jamillia. Des enquêteurs de l’ADSU ont fait le tour des propriétaires de catamarans et de yatchs de la région ouest mais aucun d’entre eux n’a accepté d’endosser la responsabilité. Un dénommé Wesley Jean, donné comme étant le propriétaire du voilier, n’a pas été en mesure de fournir à l’ADSU la documentation adéquate.
De ce fait, les autorités préfèrent attendre le retour du trio de marins demain matin pour se fixer sur l’identité du propriétaire du bateau, qui a dérivé pendant au moins sept jours avant de se retrouver avec le mât endommagé au large de la Réunion. Les informations communiquées par les rescapés à l’île soeur ne correspondent nullement aux détails recueillis par l’ADSU sur le terrain à Maurice. Durant leur séjour forcé à la réunion, Ferdinand Wavalegi, Winsley Milazar et Francis Raboude ont bénéficié de l’assistance de la communauté des gens de la mer de l’île aussi bien que du consul de Maurice à Saint-Denis, Serge Velloupoulé.
Intervenant lors du bulletin d’informations d’hier soir de la chaîne Antenne Réunion, un des spécialistes venus en aide au trio pour des réparations faisait état de difficultés pour effectuer des réparations et de l’état général du catamaran. Il soutenait que le voilier n’était nullement seaworthy et ne disposait pas d’équipements de base pour la sécurité en mer, dont une radio pour la communication ou encore de fusées de détresse.
Ainsi, dès demain matin, Ferdinand Wavalegi, Winsley Milazar et Francis Raboude devront expliquer à la police les circonstances dans lesquelles ils se sont embarqués sur ce voilier, le nom du véritable propriétaire, les objectifs de cette sortie en mer et les raisons derrière l’absence d’une notification de Missing à la police vu que personne n’était sans nouvelle d’eux depuis le 6 décembre dernier.