À la suite du décès de Xavier Luc Brondon Lallsingh (21 ans), écrasé dans un mélangeur de cendres à Médine, l’Union of Artisans of the Sugar Industry réclame au Conseil d’Administration la suspension du General Manager en attendant les conclusions de l’enquête. Le syndicat, qui parle de lacunes en termes de mesures de sécurité à Médine, demande au ministre du Travail d’amender l’Employment Rights Act dans les plus brefs délais.
Dans un communiqué qui nous est parvenu hier, Serge Jauffret, président de l’Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI), fait la chronologie des faits entourant la mort du jeune ouvrier Xavier Luc Brondon Lallsingh à Médine la semaine dernière. Le président de l’UASI explique que le syndicat porte une attention spéciale à l’enquête tant au niveau du ministère du Travail que de la police afin qu’elle se déroule correctement et qu’il n’y ait pas de tentatives de “cover-up”. « Me indepandaman de konklizyon lanket, nou an mezir afirme ki sa aksidan travay mortel-la, li ena pou fer avek laswaf patrona pou maximiz profi o detriman lafors travay, lavi ek sekirite travayer », soutient Serge Jauffret.
Depuis plusieurs années, Médine Ltd et d’autres usines de l’industrie sucrière procèdent à une réduction du nombre de leurs ouvriers qualifiés et expérimentés et encouragent en même temps la « prolifération » des ouvriers saisonniers, allègue Serge Jauffret. « Telman tablisman pe abiz mindev sezonye, ki lane dernyer minis Shakeel Mohamed mem finn menas pou pourswiv bann konpani sikriye. Travayer sezonye et kontraktyel zot vilnerab, parski zot per ki zot pa pou regayn kontra. Donk zot vilnerab a ninport ki santaz. Anplis zot pa sindike ». Il avance qu’à l’usine sucrière de Médine, l’année dernière, les ouvriers saisonniers n’obtenaient pas d’équipements de protection de base dont des uniformes et des chaussures adaptés pour effectuer le travail requis.
Serge Jauffret avance que les ouvriers saisonniers ne bénéficient pas de formation adéquate pour opérer les machines et équipements complexes et hautement dangereux. « Le General Manager de Médine peut certifier que Brondon Lallsingh a reçu une formation adéquate et professionnelle chez Sotramon qui a installé la machine. Selon nos informations, jamais Sotramon n’a fourni une telle formation à Brondon Lallsingh », allègue le président de l’UASI.
Se référant aux premières informations émanant de l’enquête effectuée par les officiers du ministère du Travail, qui affirment que Médine n’a pas évalué le « risk assessment » du mélangeur de cendres, Serge Jauffret estime que c’est une infraction aux dispositions légales de la health and safety. « De plis an plis bann lantrepriz pe diminye investisman dan sekirite ek proteksyon travayer. Zot swaf pou profi ek dividend pe prime lor lavi ek sekirite travayer. Dan Médine mem, UASI an prezans informasyon pou demontre ki pa finn aplik plizyer mezir sekirite ki so prop Health and Safety Committee finn ziz neseser », soutient encore le président de l’UASI.
Outre la suspension du General Manager, le temps que l’enquête policière soit bouclée, le syndicat réclame que le ministère du Travail initie une enquête approfondie sur Médine Ltd et sur les autres établissements sucriers pour déterminer s’il y a infraction aux dispositions légales de la Sugar Industry Efficiency Act sur la limite de 20 % du nombre de “temporary workers” pour la saison de coupe 2011 et pour s’assurer que les conditions de travail des ouvriers saisonniers soient conformes à la loi.
L’UASI demande au ministre du Travail Shakeel Mohamed d’amender l’Employment Rights Act en vue d’empêcher que les employeurs « n’abusent » des ouvriers saisonniers, de mettre sur pied un Redundancy Prevention Board pour contrecarrer les licenciements. Le syndicat souhaite également que Médine applique les mesures de sécurité que son propre Health and Safety Committee réclame depuis un an, selon Serge Jauffret.
De leur côté, les responsables de la communication de Médine Ltd affirment depuis ce drame que Xavier Luc Brondon Lallsingh a été formé à plusieurs reprises pour travailler sur cette machine et qu’ils collaborent pleinement avec les autorités concernant l’enquête en cours.