A pratiquement un tiers de la saison il est dommage de constater que le tableau est scié en trois parties au classement des écuries. Les grosses écuries sont suivies par un petit groupe de quatre entraîneurs qui tentent tant bien que mal à garder la tête hors de l’eau alors que la troisième et dernière partie est composée de quatre établissements qui sont nettement en difficultés et auront toutes les peines du monde à bien terminer la présente saison.
Rien a dire la compétition cette année est dominée par les écuries considérées comme les grosses cylindrées que sont Gujadhur, Rousset,  Maingard et Merven, qui se situent à plus de Rs 3 millions de prix remportées chacune, soit à elles seules  près de la moitié de la totalité de stakes moneys en jeu jusqu’ici. Patrick Merven, qui a aligné le plus grand nombre d’entrées, est également dans la course même s’il ne compte que 10 victoires contre 14 aux trois premiers. Dix victoires c’est le même chiffre que celui de Rameshwar Gujadhur qui vient d’atteindre la barre des Rs 2M. Vincent Allet, Shailesh Ramdin et Alain Perdrau ont jusqu’ici tiré leur épingle du jeu avec 6/7 victoires chacun, mais ils comptent tous trois moins de Rs 2M en caisse.
Arrivent ensuite quatre entraîneurs qui ont du mal à suivre le tempo avec moins de Rs 0.6 million de gains empochés chacun. Parmi eux, Shirish Narang est celui qui parraît capable de quitter la zone rouge au fil de la saison. L’entraîneur ne dispose pourtant pas d’un effectif très étoffé avec 28 éléments, dont certains sont à l’infirmerie, mais contrairement aux autres dans son cas, il semble avoir un plan déjà bien établi qui peut aboutir à des résultats honorables avec un peu de chance de son côté. Shirish Narang peut aussi compter avec Daniel Moor qui, comme tous les jockeys australiens, est un bon horseman. Ce cavalier a piloté son premier gagnant à sa vingt-et-unième monte et il ne serait guère étonnant de le voir améliorer graduellement son score jusqu’à la fin de saison. Comme d’autres entraîneurs, Shirish Narang doit compter sur la vieille garde, car les propriétaires — de pratiquement tous les yards d’ailleurs — se sont montrés réticents à l’idée d’investir massivement alors que le climat au Champ de Mars s’était assombri ces derniers temps suite aux divers scandales qui ont secoué le monde hippique mauricien. Le nouveau Flash Drive sur lequel il avait fondé beaucoup d’espoir, a malheureusement saigné alors qu’il participait à la première épreuve classique du calendrier, mais l’entraîneur pourra compter sur Lord Wellington qui affûte déjà ses armes en vue de ses prochains débuts en compétition.
Raj Ramdin avait réussi un début de saison prometteur avec deux victoires en l’espace de quatre journées. Cependant, par la suite, la réussite ne fut plus jamais au rendez-vous. Sur 40 entrées, l’entraîneur peut toutefois se vanter d’avoir ramené 22.5% d’accessits. Ce qui demeure un petit exploit en soi lorsqu’on jette un coup d’oeil à l’effectif dont il dispose. En effet, 16 de ses 22 chevaux possèdent un Rating de 31 ou moins. Du reste du lot, il peut toutefois compter sur trois nouvelles unités, dont Greys Inn Control qui a même participé à la Duchesse sur un parcours un peu court pour lui. Freezing Point et Spin A Coin, deux autres nouveaux, qui ne sont pas dénués de moyens, lui seront très utiles lorsqu’ils auront trouvé leur meilleure forme. Plus bas dans le classement, on retrouve plusieurs chevaux délicats à l’instar de Arguto, King Fahiem et Baynesfield qui ne sont visiblement là que pour faire le nombre. En revanche, les Shield Of Thunder, Young Royal ou Put Foot Singe peuvent tirer leur épingle du jeu dans un champ à leur portée.
Si Randhir Pertaub a toujours déclaré que les courses étaient plus une distraction qu’autre chose pour lui, cette occupation, il faut le dire, comporte des coûts et même les plus aguerris dans le domaine à l’instar de Hugues Maigrot n’ont eu d’autre choix que de mettre la clé sous le paillasson dans le passé. Ce n’est pas Randhir Pertaub qui nous dira le contraire, lui qui avait été contraint de fermer les portes de l’écurie Hurlywood en 2014 suite au départ des chevaux appartenant à Vicky Veeramootoo. Pour le nouvel exercice, l’entraîneur s’est limité au strict minimum tant au nombre de ses chevaux que celui de ses membres. Étant un des principaux actionnaires de son yard comme il l’a déjà déclaré dans ces mêmes colonnes, on se demande comment il fait pour ‘rouler’ l’établissement avec seulement une victoire et Rs 344 500 de gains remportées. Car entre les frais de ses jockeys au nombre de deux actuellement, son salaire et ceux de ses palefreniers, les coûts de l’alimentation et des soins des chevaux, entre autres, il est difficile de penser que l’amour du cheval suffit pour tenir toute une saison financièrement. Avec un effectif de seulement 14 coursiers Randhir Pertaub pourra parler d’exploit si la moitié d’entre eux parvenait à visiter la winner’s enclosure jusqu’à la fin de la saison.
Après une année 2014 plus qu’honorable avec 13 victoires à son tableau de chasse, Jean Michel Henry peine à démarrer sa nouvelle saison. Pourtant, les mêmes ingrédients étaient à sa disposition, soit le même jockey et pratiquement le même effectif. Il semblerait que ce soit surtout l’ambiance à l’écurie n’a pas été propice. Du reste, plusieurs incidents ont éclaté parmi les membres de cet établissement et cela avait même mené au licenciement de Davy Bonilla qui était pourtant un atout pour Jean Michel Henry. Ce dernier a tenté de remplacer le Français par le Mauricien Akash Aucharuz, mais cette association n’aura duré que quatre journées en raison du manque de résultats. La disqualification de Craftsman liée à l’affaire des cartons contaminés n’a pas été d’une grande aide pour Jean Michel Henry qui doit jongler avec l’entraînement de ses chevaux pour la plupart délicats et quelques membres mécontents. Avec un effectif de 34 chevaux, il devra juste trouver la bonne formule et instaurer la confiance s’il veut quitter le rang peut enviable de lanterne rouge.