Après celle de Bras d’Eau, l’an dernier, une deuxième réserve d’abeille en zone boisée a été officiellement inaugurée, jeudi, à Les-Salines, Petite-Rivière-Noire. Dans ces Bee Reserve Zones excentrées par rapport aux zones agricoles conventionnelles à forte utilisation de pesticides et autres engrais chimiques, les autorités ambitionnent de produire un miel organique à forte valeur ajoutée. Dans ces réserves d’abeilles, des plantes mellifères, tels l’eucalyptus ou le tamarin, sont spécialement mises en terre en vue d’optimiser la production.
Le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, Mahen Seeruttun, jeudi, rappelé qu’à ce jour, à Maurice, l’activité apicole se pratique encore de manière artisanale. Il a souligné qu’alors que la demande annuelle de miel tourne autour de 250 tonnes, la production nationale n’atteint que 35 tonnes annuellement. Ainsi, chaque année, au moins 210 tonnes de miel sont importées de l’étranger. « Mon ministère est prêt pour accorder le soutien nécessaire à une professionnalisation du secteur dans le but d’accroître la production », a dit Mahen Seeruttun. Une modernisation de la production qui, selon le ministre, serait synonyme de revenus accrus pour les producteurs. Et pourquoi pas, a-t-il ajouté, envisager alors, à terme, l’exportation.
Pour Mahen Seeruttun, l’infestation du Varroa Destructor, acarien parasite tueur d’abeilles à Maurice il y a queques années, a servi de déclic aux autorités pour une relance, sur des bases solides, de la filière apicole dans l’île. C’est ainsi que, devait-il rappeler, l’assistance d’experts venus du Kenya a été sollicitée dans le cadre d’un accord conclu avec l’International Centre for Insect Physiology and Ecology (ICIPE). Outre la formation d’apiculteurs locaux aux dernières techniques de production de miel et la distribution d’équipements de production, cet accord de deux ans, et renouvelable, porte aussi sur un projet d’aménagement à travers l’île de réserves d’abeilles (bee reserve zones) où seraient mises en terre quelque 18000 plantes mellifères comme l’eucalyptus, le tamarin ou la vavangue.
Rôle déterminant
Une première de ces réserves a été aménagée l’an dernier à Bras d’Eau sur des terres boisées de 22 ha. Inaugurée jeudi, la Bee Reserve Zone de Les-Salines, Petite-Rivière-Noire s’étend, elle, sur 5 ha. Il est question de mise en terre, sur place, de quelque 3 500 plantes mellifères, soit des plantes qu’affectionnent particulièrement les abeilles pour la production de miel. Mais le ministre Seeruttun a indiqué qu’outre son rôle de productrice de miel, l’abeille est indispensable à la floraison des plantes, à la production fruitière et potagère et joue un rôle déterminant dans le maintien de la biodiversité. Raison de plus, devait-il dire, d’accroître la population d’abeilles.
Mahen Seeruttun a assuré que le pays a désormais surmonté les dégâts causés il y a quelques années par le parasite Varroa Destructor. Interrogé quant aux risques d’une nouvelle infestation alors que la présence de l’acarien tueur d’abeilles vient d’être signalé chez nos voisins de l’île de La Réunion, le ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire s’est voulu rassurant en affirmant que les mesures de contrôle phytosanitaires ont été renforcées au port et à l’aéroport.
Après Petite-Rivière-Noire, le ministre Seeruttun annonce l’aménagement de deux autres réserves d’abeilles au Morne et à La-Ferme, Bambous, respectivement.
Excentrées par rapport aux zones agricoles à forte utilisation de pesticides et autres engrais chimiques, ces réserves d’abeilles ont pour vocation de permettre la production d’un miel organique. D’ailleurs, les équipements de production, telles les ruches, qui sont utilisés dans ces réserves ont été spécialement conçus pour répondre aux normes d’une production à 100% bio, assure-t-on au ministère de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire.