Les réactions, après le choc des évènements tragiques du mois de janvier, particulièrement après le grand rassemblement républicain, qu’elles s’identifient de manière emblématique à Charlie ou non, appellent dans leur ensemble à une refondation de notre vivre ensemble, à un vivre ensemble inclusif au pluriel. Car nombreuses sont les fractures, à la fois économiques, sociales et culturelles ; nombreuses les exclusions à l’oeuvre dans toutes les couches de la population ; nombreux les antagonismes qui travaillent nos sociétés démocratiques.
Lors de ses voeux à la presse, le 20 janvier, le premier ministre, Manuel Valls, a voulu nommer cette réalité telle qu’elle est en la qualifiant d’« apartheid territorial, social, ethnique ». En effet, c’est de la connaissance de la réalité sociale, économique et culturelle qu’il faut toujours partir pour éclairer nos questionnements et formuler des propositions. Sur cette réalité, sur ce vivre ensemble en crise, le diagnostic doit être le plus précis possible. Ne pas oublier l’opposition eux/nous, la défiance et le rejet de l’autre, la xénophobie et l’islamophobie, l’antisémitisme et le racisme.