Une centaine d’étudiants se sont rassemblés, en début de semaine, en face du Eastern Institute of Integrated Learning Management (EIILM), à Ébène. Ils voulaient un document qui atteste de la reconnaissance de leurs diplômes par la Tertiary Education Commission (TEC). Or, après deux rassemblements, ils sont restés sur leur faim.
Ces étudiants, par le biais de Yoash Aukhez, 23 ans, titulaire d’un BA en Hospitality Management, se sont regroupés une première fois, lundi, suivi d’un deuxième rassemblement, mercredi, pour exprimer leurs griefs. Pour cause, beaucoup se sont heurtés à un refus lorsqu’ils ont essayé de se faire admettre dans d’autres universités pour un top-updegree ou unemaîtrise. D’autres n’arrivent toujours pas à décrocher un emploi.
Après une première rencontre qualifiée de succincte avec le Pr Bakshi, directeur exécutif de la TEC, l’institution régulatrice de l’accréditation des cours à Maurice, les manifestants sontrepartis avec un communiqué daté du 11 juin, stipulant: «As per the decision of the TEC Board, all academic qualifications awarded by overseas universities relating to courses accredited by the TEC and offered by post-secondary educational institutions duly registered by TEC are fully recognised.» Une «assurance» loin de satisfaire les étudiants qui se sentent lésés dans la mesure où, disent-ils, «ces quelques lignes» restent vagues et, pire, ne font aucune mention du EIILM. 
«J’ai été au EIILM et je me bats pour les gradués du EIILM. Je ne me bats pas pour les autres. Que TEC vienne de l’avant avec un document précis qui traite uniquement de notre cas», dit Yoash Aukhez, qui soutient qu’à l’époque où il était étudiant, le directeur de l’établissement tertiaire, Sunil Jeetah trouvait toujours moyen de les rassurer en soutenant que le diplôme était reconnu.«Nous l’avons cru malgré nos craintes. Mais les polémiques se sont avérées fondées après notre graduation. Nous sommes toujours sans emploi. Dès qu’un employeur voit EIILM sur notre Curriculum Vitae, nous essuyons un revers»,dit-il avec amertume. 
De plus, soutient le porte-parole, malgré le communiqué de la TEC, un des anciens étudiants n’a pu «upgrade son teaching license», à laPrivate Secondary Schools Association(PSSA) en raison de la non-reconnaissance des diplômes.
Contacté à ce sujet, le directeur du EIILM à Maurice, Sunil Jeetah qui s’est montré relativement agacé, et se basant sur le communiqué de la TEC émis le 11 juin, a soutenu que «tout était rentré dans l’ordre.»
Il semblaitne pas connaître les griefs des étudiantsen affirmant: «Ena pas envie compran. Tou diplomes depi 2007 à ce jour rekonet par TEC»
Interrogé au sujet de l’interdiction du EIILM d’admettre de nouveaux étudiants pour l’année 2014, il dit être parfaitement au courant mais est incapable d’en donner la raison. À la question de savoir si, en tant que directeur de ladite institution, cela ne l’intéressait pas d’en connaître les motifs, il répond : «Sa pe diskiter government to government level. Mo laiss zot diskiter, apre zot pou fer mwa part zot décision.»
Enfin, à la question de savoir s’il est vrai que EIILM chercherait à se tourner vers l’université britannique Aberystwth, comme «awarding body», face au refus de la University Grants Commission(UGC) de l’Inde de reconnaître les diplômes indiens délivrés sur le territoire mauricien, Sunil Jeetah répond par un non catégorique. Il ajoute même dans le même souffle : «Se passe-temps la presse nek rakont zistoire!»
Quoi qu’il en soit, les anciens du EIILM, loin de se laisser démonter, affirment qu’ils ont donné un ultimatum d’une semaine à la TEC pour préciser sa position. Au cas contraire, il prévoit d’autres manifestations bien plus conséquentes.
Nous avons en vain tenté de joindre le Pr Bakshi, directeur exécutif de la TEC.