Navin Ramgoolam, en congé (leave without say) en tant que leader par le Parti travailliste en attendant qu’il règle ses problèmes avec la justice, a repris, exceptionnellement la parole, hier matin, lors d’une conférence de presse, pour commenter le jugement du Tribunal arbitral permanent pour la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS) en faveur de la République de Maurice dans le litige qui l’a opposé à l’Angleterre autour du projet de parc marin protégé (Marine Protected area) dans l’archipel des Chagos.
Encadré de tout l’état-major rouge, dont Arvind Boolell, le porte-parole, Navin Ramgoolam a rappelé que c’est lui, en tant que précédent Premier ministre, qui avait pris, en décembre 2010, “la courageuse décision de poursuivre l’Angleterre”. Il a déclaré ressentir aujourd’hui “une grande satisfaction personnelle devant l’éclatante victoire enregistrée par la République de Maurice et la communauté chagossienne en particulier”.
L’ancien Premier ministre a demandé au gouvernement actuel “de ne pas perdre de temps à instituer un quelconque comité multipartite, d’agir vite en contactant l’équipe légale qui a permis cette victoire afin de contrer d’éventuelles tentatives britanniques d’annihiler le jugement et de ne considérer aucune autre solution que le retour de l’archipel à la souveraineté mauricienne, tout en donnant la garantie aux États-Unis qu’ils conserveront leur base militaire de Diego Garcia”.  
L’ancien Premier ministre travailliste, jovial, a peut-être tenu, hier matin, une des plus longues conférences de presse de sa toute carrière de politicien. C’est parce qu’il a surtout cru devoir dévoiler, maintenant, à la population, et ce avec force détails et anecdotes, toutes les circonstances qui l’avaient poussé à entreprendre ce que, a-t-il dit, “aucun autre Premier ministre mauricien avant moi n’avait osé ;  confronter l’Angleterre, un ancien empire, devant une instance internationale et gagner ! Mo ti finn plein ar manière Anglé et Amérikins ti pé pass boule lor Chagos et mon gouvernement avait décidé de changer de tactique et cela avait pris l’Angleterre totalement par surprise”, a-t-il clamé avec un sourire malicieux.
Selon Navin Ramgoolam, le tribunal a prononcé “un jugement historique qui va bénéficier non seulement à la République de Maurice, mais qui aura des répercussions positives également en Afrique et au sein de la communauté internationale.