Le leader du MMM, Paul Bérenger, qui donné hier une conférence de presse de « relance », a fait comprendre que l’intelligence collégiale, qu’il avait créée en vue de l’encadrer, a été dissoute. « J’avais voulu m’entourer d’une équipe afin de ne pas prendre seul les décisions et de décider l’agenda du bureau politique et de la liberté centrale. Je m’étais en quelque sorte attaché les mains. Mais le parti a insisté pour que je reprenne ma liberté », dit Paul Bérenger en riant. Il a expliqué que désormais il se réserve le droit de consulter les personnes dont il a besoin.
La création d’une « intelligence collégiale » avait soulevé un tollé dimanche dernier lors de l’assemblée des délégués, en particulier par Kavi Ramano et Steven Obeegadoo. Ce dernier était présent en première ligne des dirigeants lors de la conférence de presse hier. Le leader du MMM a d’ailleurs indiqué qu’il participera activement aux travaux visant à revoir les structures et les statuts du MMM. Kavi Ramano n’était pas présent mais se serait fait excuser pour son absence.
Pour Paul Bérenger, le comité central de son parti mercredi a été un tournant. Il a fait comprendre qu’aucune sanction ne sera prise contre personne. Aucune demande en ce sens n’a été faite par la direction et elle ne le fera pas. De plus, l’assemblée des délégués de dimanche prochain n’aura pas lieu parce que celle de dimanche dernier a voté à 83 % en faveur de la direction actuelle. S’ajoute à cela le fait que les militants en général ont fait comprendre qu’il ne fallait pas de nouvelle assemblée et qu’ils s’attendent à ce qu’il y ait une relance.
Paul Bérenger a aussi indiqué que le comité central du MMM, qui est l’exécutif de ce parti, se réunira le plus souvent possible. Le leader du MMM concède que la relance de son parti se fera à deux niveaux. Il s’attend à un effort soutenu des dirigeants pour rectifier le tir au sein du parti concernant l’attitude de la direction pour ce qu’il s’agit du communautarisme et la démocratie interne. Une révision des structures du parti et de ses statuts est également prévue. C’est dans ce contexte que Paul Bérenger a indiqué que la journée du 1er mai sera consacrée à la réflexion avec la participation des membres du comité central et des présidents et secrétaires généraux des 20 comités régionaux. Il compte à ce sujet jouer profil bas.
Paul Bérenger a également confié que son parti reprendra l’offensive sur le plan national « face à un gouvernement MSM/PMSD/ML qui après cent jours est confronté aux gaffes, aux volte-face. Les masques sont tombés et une désillusion s’installe », a-t-il dit. Pour illustrer ses propos, il a cité une série de nominations controversées.
Pour lui, l’arrestation de l’avoué Pazhany Thandrayen est symbolique. Il a observé que sous le pouvoir Ramgoolam, les mêmes policiers avaient arrêté Pravind Jugnauth et persécuté Roshi Bhadain. « J’ai eu à “stick my neck out” pour protéger Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain ». Il a déploré que ces derniers persécutent aujourd’hui l’avoué Thandrayen qui n’a rien à faire avec la politique. « Aujourd’hui, ils font le même “dominer” que les autres faisaient contre eux sous l’ancien régime », a-t-il observé. Il a demandé à la population de ne pas avoir peur. « Kan Ramgoolam ti pe fer dominer, MMM ti la, mo ti la. Parey li pou ete », a-t-il dit.
En ce qui concerne les municipalités, le leader des mauves a annoncé une réunion des conseillers municipaux et des députés le samedi 4 avril afin de collecter les idées dans la perspective des élections municipales. La préparation de la liste des candidats commencera à cette occasion.
Paul Bérenger a estimé que les trois députés démissionnaires du MMM auraient dû avoir un peu de dignité et soumettre leur démission du parlement afin de permettre l’organisation d’élections partielles ou la nomination de best losers.
II a, d’autre part, annoncé son intention de consacrer une PNQ au financement de plusieurs projets d’infrastructures à Agalega afin de mettre fin aux rumeurs concernant la motivation de l’Inde, qui est un pays ami.
Paul Bérenger a aussi diffusé deux communiqués concernant la situation en Malaisie, où la fille du leader de l’opposition a été arrêtée, et la situation aux Maldives où l’ancien président, qui avait d’ailleurs effectué une visite Maurice, a également été arrêté.
Répondant à des questions de la presse, il a fait comprendre ne pas s’être attaqué à la franc-maçonnerie mais « aux mauvais francs-maçons ». Il a concédé ne pas savoir si certains dirigeants avaient, lors de la réunion du bureau politique de lundi, affirmé être prêts à abandonner leurs fonctions au niveau de l’exécutif afin de détendre l’atmosphère au sein du parti en confiant ces responsabilités à d’autres. Toutefois, selon des sources non confirmées, cela aurait été le cas pour Alan Ganoo qui s’était dit prêt à abandonner ses fonctions comme président du parti et du PAC. Sa demande n’a pas été acceptée.