Paul Bérenger a mis le doigt dans la plaie en affirmant mardi dernier, dans un discours hautement politique à Plaine Verte, que Gilbert Merven doit démissionner de la présidence du Mauritius Turf Club en attendant les conclusions de la Commission d’Enquête instituée par le gouvernement sur les courses mauriciennes. La démarche du Leader du MMM n’est pas un cas isolé puisque quelques jours auparavant, notamment samedi dernier lors de la 2e conférence de presse conjointe PTr-MMM depuis la conclusion de l’Alliance, le Premier ministre avait déjà donné une indication limpide sur ses intentions après avoir confié à trois Britanniques la tâche de mettre de l’ordre dans une industrie hippique en perdition et qui se trouve aujourd’hui aux mains d’une mafia organisée qui n’a pas peur de s’afficher ouvertement dans les écuries et dans les tribunes du Champ-de-Mars.
Informations solides
Comme il fallait s’y attendre des «marchands proxy» ont tenté de venir à la rescousse du président du MTC sur les ondes des radios privées lors des traditionnelles émissions au sujet des journées hippiques.  Mais qui doit-on blâmer si notre sport hippique se trouve dans pareille situation et les conséquences que pourrait avoir une commission d’enquête? Certainement pas Paul Bérenger qui n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Le premier à blâmer est bien Gilbert Merven. Il est le seul et unique responsable de la situation dans laquelle se trouve l’industrie hippique actuellement.
Cet homme s’était pourtant présenté comme un rassembleur, mais au fil des années on a vu qu’il a lentement mais sûrement divisé le MTC. Pour ne pas dire morceler cette institution. Il ne fait désormais plus l’ombre d’un doute que le MTC n’est pas dirigé par le board des administrateurs, mais bien par une clique au sein de laquelle, nous trouvons un entraîneur, un vétérinaire et quelques personnes qu’il n’y a pas si longtemps étaient infréquentables, des colleurs d’affiches qui gravitent autour de la présidence pour leurs intérêts personnels. Il n’y a qu’à voir le traffic qu’il y a dans les loges des administrateurs tous les samedis pour s’en rendre compte.
Malgré tout ce qu’on peut dire sur le politicien qu’est Paul Bérenger, ont doit reconnaître qu’il n’est pas homme à parler, surtout à réclamer à haute voix le départ de Gilbert Merven, sans être en possession d’informations solides et disturbing. Des informations si solides que le leader historique du MMM s’est permis de le dire dans une rencontre politique. Toutefois la position adoptée par Paul Bérenger mardi dernier et par le Premier ministre avant laisse à penser que Gilbert Merven a baissé dans l’estime que pouvait lui porter Navin Ramgoolam.
A une question de la presse sur la mise en place de la commission d’enquête sur les courses mauriciennes qui sera constituée du Britannique Richard Nicholas Parry avec comme assesseurs George Gunn et Peter Scotney, le PM a été clair dans sa réponse.  «Nul ne sera épargné. Ki ou fami minis ou lot», a-t-il soutenu, comme pour démonter qu’il «mean business» dans ce dossier. Il va sans dire que la situation devient de plus en plus chaude au Champ-de-Mars où on continue à assister à un jeu de massacre sur la piste comme dans la gestion des affaires du MTC.
La dernière ?affaire en date
La dernière affaire en date n’est autre que la décision du Board des Administrateurs de ne pas accepter la demande d’un des membres du club pour organiser une assemblée générale spéciale après la décision du gouvernement de mettre en place cette commission d’enquête. Cette assemblée avait aussi pour raison une motion pour demander le départ de Gilbert Merven comme président. Dans un premier temps, le MTC sous la signature du General Manager avait refusé tout bonnement l’organisation de cette assemblée avec pour raisons des vices de procédures dans la demande qui a été formulée.
Non satisfait de cette réponse, Yahia Nazroo, un des signataires qui réclament cette AG spéciale, a décidé de réclamer des explications auprès du MTC. Plus de 15 jours après la réponse du MTC tombe mais les réponses sont toutes aussi insatisfaisantes. En effet, le Général Manager qui se dit être «directed» vient arguer que la demande des membres du MTC souffre d’un certain nombre de «legal shortcomings» et de ce fait elle est jugé inadmissible.
Mais qui a jugé cette demande inadmissible et surtout qui a trouvé qu’il y a avait des «legal shortcomings»? Un avocat ou est-ce Gilbert Merven? Car jamais dans sa lettre, Benoit Halbwachs vient dire que cette décision est basée sur un avis légal. Pour ne pas avoir à donner plus d’informations ou pour venir à prouver ce qu’il avance, le MTC a estimé que les échanges de courriers entre le club et ses hommes de loi ne sont pas de nature à être considérés comme pièces à être recueillies dans les livres du club.
Une fois encore Gilbert Merven et son équipe trouvent le moyen de fuir devant l’organisation d’une assemblée générale et faire face à ses membres.