« L’alliance PTr/MMM n’est plus ‘on' », a laissé entendre, hier après-midi, Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM à l’issue des travaux du Comité central (CC) de son parti. La raison: le Premier ministre et leader du PTr aurait subi des « pressions » pour remettre en question un certain nombre de points d’accord sur lesquels les deux dirigeants s’étaient entendus. Pas des « core issues » mais des points secondaires que le leader des mauves s’est refusé, néanmoins, à révéler publiquement. « C’était, effectivement, trop beau pour être vrai! », déclare-t-il. Mais, qu’à cela ne tienne: le leader du MMM est d’avis que ce développement de dernière minute sont, peut-être, un « blessing in disguise ».
Paul Bérenger explique n’avoir reçu que, tôt hier matin, copie de la version « pas tout à fait finale » du projet de loi sur la Réforme électorale. Il se dit, d’autre part, « dorénavant soulagé » que l’idée émise à l’effet qu’au cas où les prochaines législatives étaient organisées sans qu’il n’y ait, préalablement, la réforme du système électoral, il n’est plus question d’amendement constitutionnel provisoire qui viserait à octroyer à la Commission électorale un pouvoir discrétionnaire pour déterminer l’appartenance communautaire de candidats battus qui auraient refusé, au Nomination Day, de déclarer leur communauté respective d’appartenance.
Le leader du MMM explique, à ce propos, que, contrairement à ce qui a pu être perçu, cette idée n’émanait pas du Commissaire électoral, Irfan Rahman, « une personne d’une grande crédibilité », mais de Me Geoffroy Cox, conseiller légal britannique du Premier ministre « qui pensait, peut-être, bien faire ». Une idée qui, en tout cas, « m’a bien irrité », confie-t-il. Paul Bérenger trouve que l’on perd « un temps fou », tant pour ce qui concerne le mini-amendement constitutionnel visant à permettre à ceux qui le souhaiteraient de ne pas décliner une communauté d’appartenance que pour ce qui est du projet de loi sur la Réforme électorale. Dans le dernier cas, en dépit, dit-il, du « bon travail » du Comité Faugoo. Le leader du MMM estime qu’il faut bien que l’Assemblée nationale reprennent ses travaux « au plus tôt » et que l’on tranche dans un sens ou dans l’autre entre ces deux alternatives.
« Il est évident, aujourd’hui, qu’une alliance du MMM avec le PTr pour les prochaines élections est ‘no longer on' », estime, d’autre part, le leader des mauves.  « Il me semble que, subissant des pressions, Navin Ramgoolam est en train de remettre en question un certain nombre de points sur lesquels nous nous étions parfaitement entendus. Il paraît, ainsi, que nous allons rater l’occasion historique qu’une alliance Ptr/MMM permette au pays d’amorcer un tournant décisif », précise, sous ce rapport, Paul Bérenger. Se refusant d’étaler, publiquement, ces points que le leader du PTr remettrait « sous pression » en question, le chef de file du MMM précise, quand même, que ceux-là ne font pas partie des « core issues » sur lesquels les deux partis se sont, fermement, entendus après en avoir, longuement, discutés.
Ces points fondamentaux sur lesquels, assure Paul Bérenger, il n’y a pas eu de désaccord entre le MMM et le PTr sont (i) faire de Maurice un pays phare; un pays modèle en matière de salubirté publique; (ii) un partage équitable des investitures à parité 30/30 avec un primieministership intégral de cinq ans au leader du MMM en cas de victoire et (iii) une présidence de sept ans avec des pouvoirs accrus au chef du PTr dont le droit de présider le Conseil des ministres quand le président l’estime nécessaire. Le leader des mauves trouve qu’effectivement, comme il l’avait estimé, tout cela semblait « trop beau pour être vrai ». Mais qu’à cela ne tienne: Il juge que les développements, à hier après-midi, auront été, quelque part, un « blessing in disguise ».
« SAJ ne perd rien pour attendre! »
Il explique que, malgré tout, le MMM et le PTr, ainsi que Navin Ramgoolam et lui, « nous gardons de bonnes relations ». Ce qui, estime le leader des mauves, est « extraordinaire » en comparaison à l’attitude qu’adopte le MSM à l’encontre de son parti et de sa personne. La preuve du maintient de ces « bonnes relations » mauves/rouges, même si, dit-il, une éventuelle alliance PTr/MMM n’est plus « on », s’est illustrée, selon Paul Bérenger, par la conférence de presse conjointe que Navin Ramgoolam et lui ont tenu, hier matin.
Le leader des mauves qui avertit, en revanche, que sir Anerood Jugnauth « ne perd rien pour attendre » répète, une fois encore, que la page MMM/MSM est « définitivement tournée ». Plus encore, dit-il, après les dernières « insanités » de SAJ à son encontre à Saint-Pierre, vendredi. Le leader du MMM note, en passant, qu’à la conférence conjointe que Navin Ramgoolam et lui ont tenu hier matin, le leader du PTr a exprimé un même « non catégorique au MSM ».
Ce qui fait que, selon Paul Bérenger, chaque parti ira aux prochaines élections « chacun de son côté ». « Le choix final incombera, alors, au peuple souverain », dit-il. Le leader du MMM concède que, lui aussi, a eu à « gérer des pressions » en évoquant le partage à parité 30/30 des investitures et l’attribution de 12 portefeuilles ministériels dans l’éventualité d’une alliance PTr/MMM.
S’il semble, pour le leader des mauves, que la page PTr/MMM est « tournée pour les prochaines élections générales », en revanche, pour lui, la page MMM/MSM est « tournée avant et après les prochaines élections ». « Seul, dit-il, à ce propos, le MMM est confiant d’obtenir une bonne majorité ». Mais dans le cas du PTr, Paul Bérenger n’exclut pas une entente après le prochain scrutin. S’il se dit « très chagriné » que l’alliance PTr/MMM ne soit plus « on », le leader du MMM dit, malgré tout, « ne rien regretter ». « Je n’entends pas attribuer les torts à Navin Ramgoolam », dit-il.  
A  propos du projet évoqué de IIe République, le leader des mauves explique que le MMM et le PTr étaient « d’accord sur tout ». Il évoque, sous ce chapitre, l’exemple de cohabitation dans la durée aux îles du Cap-Vert. Paul Bérenger explique que ce petit Etat d’Afrique qui dispose d’un accord spécial avec l’Union européenne (UE) est dirigé depuis 10 ans par un président élu au suffrage universel et un Premier ministre qui est à la tête d’un exécutif comparable à celui de Maurice sans que l’un et l’autre ne soient de la même famille politique.