Confirmation du revirement de situation dans la Bangaleea Saga avec la victime présumée, Nitesh Ramdhary, revenant quasiment sur sa déposition consignée au Central CID au début de novembre de l’année dernière (OB 171/12) au sujet de la somme de Rs 40 millions. Initialement, cet homme d’affaires de Triolet avait accusé l’homme à la valise de Rs 300 millions, Hemant Bangaleea, d’avoir détourné une somme de Rs 40 millions à son préjudice dans une transaction immobilière en Inde. Le nouveau Twist donné à cette enquête comporte une coloration politique avec les noms Me Roshi Bhadain l’ancien avocat de Nitesh Ramdhary, et le leader du MSM, Pravind Jugnauth, cités en tant que protagonistes de premier plan.
Me Bhadain rejette de manière catégorique les accusations de son ancien client par rapport aux Rs 40 millions. Pour prouver sa bonne foi, l’homme de loi soutient que le chiffre de Rs 40 millions existe bien avant qu’il soit engagé dans cette affaire. Il produit des documents à la presse à cet effet. Il accuse Nitesh Ramdhary d’avoir adopté cette nouvelle ligne de conduite pour tenter de sauver sa peau face à une double enquête de la Mauritius Revenue Authority (MRA) et de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) au sujet de la provenance de ces Rs 40 millions.
Me Bhadain, qui devra être entendu prochainement par le Central CID, a déjà enregistré une Precautionary Statement contre Nitesh Ramdhary. Ce dernier, qui devra fournir des compléments d’informations au sujet de ses dernières allégations au tandem Vuddamalay/Jangi du Central CID, devra difficilement échapper à une inculpation provisoire de dénonciations malveillantes comme retour de manivelle.
Se basant sur deux affidavits jurés les 25 septembre et et le 14 novembre par Nitesh Ramdharry, Week-End retrace la chronologie de la Saga de Rs 40 millions avec Hemant Bangaleea, qui est resté en détention provisoire de novembre 2012 à mai dernier:
Octobre 2011: Nitesh Ramdhary noue des relations avec une dénommée Manisha Ramloll (née Bangaleea). A cette époque, il avait entrepris des démarches pour obtenir un prêt en vue de relancer son business. Sa nouvelle compagne propose de mettre Nitesh Ramdhary en contact d’affaires avec son oncle Heman Bangaleea.
Juin 2012: Hemant Bangaleea consent d’avancer une somme de Rs 30 millions à Nitest Ramdhary à condition que les propriétés de celui-ci sont placées en garantie. Les services du conseil légal, Me Rishi Bhoyroo, sont sollicités.
Après les consultations, Nitesh Ramdhary est informé que Hemant Bangaleea est disposé à faire tansférer une somme de Rs 30 millions de Grande-Bretagne avec le remboursement se faisant dans deux ans, soit Rs 33 M.
Mi-juin 2012: Changement de décision après l’évaluation des avoirs de Nitesh Ramdhary à Rs 12 M. Le montant est révisé à la baisse, soit Rs 15 M. Rejet de la proposition.
26 juin 2012: Manisha Ramloll remet les deux protagonistes en contact au sujet des facilités financières. Hemant Bangaleea propose à Nitesh Ramdhary de devenir son partenaire dans les affaires avec trois autres personnes. En retour, il obtiendra une portion de terrain en Inde d’une valeur de Rs 40 M contre le versement de Rs 10 M à Hemant Bangaleea.
Le deal proposé par Hemant Bangaleea était que ce terrain pourrait être vendu à Rs 80 millions dans moins d’un mois. Les recettes de la vente devaient faire l’objet de transfert en banque à Maurice avec une somme de Rs 15 M et une commission de 15% pour Nitesh Ramdhary et le reste au nom de Hemant Bangaleea.
Nitesh Ramdhary remet à Hemant Bangaleea son stock d’oeuvres d’art importées de Bali (Indonésie) d’une valeur de Rs 7,5 M avec la différence de Rs 2,5 M en liquide. La transaction est conclue avec Hemant Bangaleea bénéficiant de l’usage d’une voiture de location, soit une Mini-Cooper, aux frais de Nitesh Ramdhary.
Juillet à septembre 2012: Nitesh Ramdhary effectue différents versements au profit de Hemant Bangaleea, soit Rs 1 270 000. Les preuves de ces paiements ont déjà été versées dans le dossier du Central CID.
24 août 2012: Signature de l’acte de vente d’un terrain de six arpents, situé à MIDC, Ratnagiri, Goa Road, Maharastra, Inde. L’acte de vente stipule que le terrain appartenant à un dénommé Ramesh Dharasurkar de Bhagyalakshmi Nagar en Inde est vendu pour une somme de Rs 40 M. Le paiement aurait été effectué par Hemant Bangaleea au nom de Nitesh Ramdhary.
Septembre 2012: Nitesh Ramdhary découvre le pot-aux-roses et apprend que l’acte de vente est un document fictif. Devant les protestations de l’homme d’affaires de Triolet, Hemant Bangaleea dévoile trois autres contrats similaires au nom de Deoparsad Nowbuth aussi bien qu’un passeport de couleur rouge, présenté comme un passeport diplomatique présumé, pour rassurer son nouveau partenaire d’affaires
15 septembre 2012: Départ pour Londres du groupe en vue de régler les procédures. Les billets d’avion sont payés par Nitesh Ramdhary.
27 septembre 2012: Le rendez-vous de Piccadily Circus, Londres, pour tout régler. Nitesh Ramdhary, qui doit verser £ 5 000 à Hemant Bangaleea, est introduit au dénommé Deoparsad Nowbuth. Un chèque de 3,8 millions de dollars singapouriens est remis à Nitesh Ramdharry avec des instructions que le montant soit crédit dans un compte bancaire à Singapour, loin de tout contrôle des autorités mauriciennes. Avec le transfert subséquent à Maurice, le partage des Rs 15 M à chacune des parties est à l’ordre du jour.
En même temps, Hemant Bangaleea voulait reprendre possession de l’acte de vente. Refus de Nitesh Ramdhary, qui promet de remettre les documents à M. Boyroo à son retour à Maurice après avoir obtenu sa part du deal.
10 octobre 2012: Départ de Nitesh Ramdhary pour Singapour en vue d’ouvrir un compte à l’United Overseas Bank.
15 octobre 2012: Dépôt du chèque de 3,8 M de dollars singapouriens.
16 octobre: Le chèque est refusé par la banque vu que la signature n’est pas authentique.
18 octobre: Retour à Maurice de Nitesh Ramdhary, conscient qu’il a été victime d’une escroquerie.
31 octobre au 4 novembre 2012: Au Salon de la Maison, Nitesh Ramdhary raconte sa mésaventure à Madhukar Ramnarain, qui lui propose de retenir les services de Me Roshi Bhadauin et qui arrange également un rendez-vous avec Pravind Jugnauth.
5 novembre 2012, 15 h 30: Rendez-vous au premier étage de Raffles Tower, Ebène, abritant les bureaux de Me Bhadain. Nitesh Ramdhary est accompagné du dénommé Ramnarain. Me Bhadain a un long entretien avec le client et consulte les documents relatis.
Au teme des affidavits, Nitesh Ramdhary déclare qu’il avait expliqué à Me Bhadain que le chiffre de Rs 40 M était un montant fictif. « Mr Bhadain insisted that I need to tell Mr Pravind Jugnauth of Rs 40 M and not less and to tell him that Hemand Bangaleea had shown me three sales deeds, similar to mine,drawn in the names of three ministers, whoses names he personnally mentioned to me, namely Honourable Baichoo, Bunwaree an Jeetah. According to Mr R. Bhadain this story will give credence to the fact that since Hemant Bangaleea was in the good books of Messrs Baichoo, Bunwaree and Jeetah I relied on same and participated in the purchase of land », affirme-t-il dans l’affidavit. Il confirme avoir rencontré Pravind Jugnauth dans les bureaux de Roshi Bhadain ce même jour.
Plus loin, dans ce même document, Nitesh Ramdhary ajoute que « I told him that what he was suggesting was unlawful and wrong and I could not tell such lies. He then insisted that the only way for Mr Jugnauth to intervene in this matter and for me to recover my money is colour the deal with political overtones ».
Me Roshi Bhadain, qui a animé un point de presse, mardi après-midi, rejette catégoriquement ces allégations et qualifie son ancien client d’être l’auteur de « pathological lies ». Il compte lui réclamer des dommages de Rs 100 millions pour atteinte à son intégrité professionnelle et personnelle.
Entre-temps, l’enquête du Central CID sur ce nouveau volet de la Bangaleea Saga devra confirmer que la rencontre du 5 novembre de l’année dernière, soit presque à la veille de la déposition OB 717/12 à la police, a bel et bien eu lieu.
Puis la joute se jouera sur le plan des « words of a barrister against those of a client » avec des effets boomerang politiques à coup sûr et également d’autres allégations de faux et usage de faux sur des reçus formulées par Nitesh Ramdhary pour gonfler le chiffres d’affaires de l’Argonaute…