Lalit reprend ses activités politiques après les inondations du 30 mars qui l’avaient contraint à les freiner. « Nous avons beaucoup souffert et nous sommes maintenant prêts à rebondir », a affirmé lundi Ram Seegobin, un des membres du parti, à une conférence de presse en son siège à Grande-Rivière-Nord-Ouest.
Après une semaine de nettoyage et l’inventaire des pertes et de ce qui a pu être sauvé, Lalit s’apprête à rebondir. Presque la moitié des documents du parti, de l’association Ledikasyon pu travayer (LPT), de Muvman lakaz et de Muvman Liberasyon Fam ont été détruits dans les inondations du 30 mars. Parmi, une bonne partie du travail abattu par le LPT dans le cadre de l’élaboration de la langue créole, des documents sur des séminaires, des réflexions, la grève de 1979 contre l’apartheid, l’exposition de 1978 sur Diego Garcia, des livres…
« La grosse majorité sont des documents d’origines ou Primary Source », fait ressortir Cindy Clélie lors de la conférence de presse hier. Elle note : « Nous avons perdu environ 20 000 documents. »
Selon Lindsey Collen, avec la solidarité des membres, ces mouvements et partis tentent de réhabiliter ce qui a pu être sauvé. Au premier étage du bâtiment de LPT, des volontaires tentent d’assécher les papiers abîmés par l’eau boueuse, feuille par feuille. « Nous voulons aller le plus vite possible dans la numérisation de ce qui reste », fait ressortir Lindsey Collen, avant d’ajouter que Lalit tente aussi de reconstituer ses archives « vivantes ».
À la veille du 1er-Mai, Lindsey Collen indique que le parti décentralise ses activités. « Les branches régionales ont déjà leurs propres activités. Comme le siège social ne peut accueillir les siennes, nous les décentralisons à partir de cette semaine. » Elle indique que le parti communiquera beaucoup par le biais de son site internet qui est visité par un millier de personnes par jour, par des e-mails et des conférences de presse.
Cette année, la fête du Travail sera différente, indique M. Seegobin. « Au lieu de se réunir dans le hall à l’étage, il nous faudra peut-être nous rencontrer au rez-de-chaussée puisque tout l’espace supérieur est occupé : on a étalé les documents à sécher sur les tables », dit-il. Le thème initial pour le 1er-Mai, était axé sur la loi du travail mais avec les événements du 30 mars, il y aura aussi des discussions à ce sujet, fait ressortir M. Seegobin. Comme à l’accoutumée, il note que la fête du Travail sera célébrée entre les membres et en famille. Chacun est invité à apporter quelque chose à manger et à boire.
Lors de cette conférence, Lindsey Collen a aussi abordé le problème causé par le mur d’enceinte du Gender drop-in centre le 30 mars. Elle annonce que Lalit se prépare à entamer des actions légales nécessaires si le mur d’enceinte en béton armé du Gender drop-in centre n’est pas démoli par les autorités. Le parti, de même que les autres riverains, avaient, lors d’une conférence de presse la semaine dernière, réclamé l’abattement immédiat de ce mur, qui, selon eux, a accentué le problème d’inondation dans la région le 30 mai dernier. La ministre de l’Égalité des genres, Mireille Martin, avait tout de suite réagi. Au Mauricien, elle devait laisser entendre qu’« une lettre a été envoyée au ministère des Infrastructures publiques pour lui demander de look into the matter (…) et d’aller de l’avant s’il faut abattre le mur ».
Rencontré sur place lundi, Bashist Bundhoo, de la Nawrang Co. Ltd, affirme qu’à la suite d’une visite des ingénieurs du ministère des Infrastructures publiques, la National Development Unit a alloué un contrat à son entreprise pour faire un passage dans le mur afin que l’eau pluviale soit évacuée en cas de précipitation et d’inondation du canal Dayot. « Le mur est d’une épaisseur de 16 pouces. Nous devons y découper un passage de 2 mètres par 2 mètres. Nous devons faire attention à ne pas briser le mur ailleurs car il est en béton armé », soutient M. Bundhoo.