Aux Jeux olympiques de 2004 à Athènes en Grèce, Jonathan Chimier devenait le tout premier Mauricien à atteindre une finale olympique à la longueur avec un saut de 8m28 et un record national à la clé. Sept ans plus tard, c’est au tour de Jonathan Drack de disputer la finale du triple saut aux championnats du monde de Pékin en Chine. Onzième avec une performance de 16m64, le Mauricien vise maintenant les 17m avant les Jeux Olympiques de l’année prochaine, à Rio au Brésil.
Objectif atteint pour Jonathan Drack peut-on dire après sa médaille d’or aux 9es Jeux des îles à La Réunion et cette finale aux Championnats du monde. Lui qui visait la finale mondiale a été exact au rendez-vous en validant son ticket, jeudi à Pékin, avec un saut de 16m79, améliorant du coup son record national de 16m53, réalisé le 12 juillet dernier en France où il vit et travaille comme ingénieur aéronautique à Toulouse. Il a ensuite terminé à la onzième place avec un saut de 16m64. « Je suis très content et ce, même si je m’attendais à mieux. Je suis satisfait, car j’ai réalisé de gros progrès cette année. C’est ma première grande finale et c’était gigantesque. Dans ma tête j’étais prêt et je visais les 16m70 pour être en finale. Ce qui me réjouit aussi, c’est que je suis désormais régulier aux 16m », a-t-il déclaré au téléphone à Week-End, hier en début d’après-midi. En 2013 à Moscou (Russie), le Mauricien n’avait pu passer les qualificatifs avec une performance de 15m54.
Ce premier palier franchi, Jonathan Drack vise maintenant les 17m et les Jeux olympiques de Rio au Brésil, l’année prochaine. Avant, ce sera peut être les Championnats d’Afrique et deux meetings internationaux pour bien se mettre en jambe. Pour ce faire, il pourra compter sur le soutien de son entraîneur Dominique Hernandez au CA Balma à Toulouse. « Dans ma tête je sens que je peux aller encore plus loin. Mon objectif est de continuer à m’améliorer. Je vais essayer les 17m et pourquoi pas 17m10 et même 17m30. Ce qui serait idéal avant d’aborder les Jeux olympiques. Car c’est toujours bien d’aborder une grande compétition en ayant juste avant réalisé une très bonne performance. Cela vous met dans de très bonnes conditions pour rivaliser avec les meilleurs. Je reste confiant et il va falloir continuer à travailler sérieusement », a-t-il fait ressortir. Cela étant, il concède que ce n’est pas toujours évident d’assimiler une charge de 40h au travail et une somme de 15h à 20h d’entraînement par semaine.
À 26 ans, Jonathan Drack pense pouvoir tenir le rythme pour quelque temps encore et aller chercher les 17m avec le soutien de son équipe à Balma. S’il est désormais régulier, a-t-il ajouté, c’est bien grâce à toute son équipe, notamment le staff médical qui lui a permis d’avoir une année 2015 sans blessures contrairement au passé. « Sans un gros travail de l’équipe médicale, je n’aurai certainement pas connu une année aussi belle que cela et je dis merci à tout le monde, sans oublier  mon entraîneur, avec qui on a changé mes entraînements. Cela a très bien fonctionné et nous sommes tous très contents. J’ai aussi eu la chance d’avoir un très bon groupe d’entraînement que je remercie beaucoup », a-t-il indiqué.
Le Mauricien n’a également pas manqué de remercier sa femme dont il qualifie de « première fan » et qui lui est d’un très grand soutien. Il a une pensée spéciale pour sa famille à Maurice, mais pense aussi aux nombreux Mauriciens pour le marque de soutien à travers des SMS. « Je dis aussi merci à la fédération, sans qui je ne serai pas aux championnats du monde. C’est très important d’être soutenu si on veut être performant au plus haut niveau », a-t-il fait remarquer.