En début d’après-midi, le Chef Commissaire de l’Assemblée régionale de Rodrigues, Serge Clair, devrait dresser un bilan général des répercussions des pluies diluviennes, qui ont arrosé l’île au cours de ces cinq derniers jours. Pas plus tard qu’hier, un vol d’Air Mauritius – avec 48 passagers à bord –, a dû rebrousser chemin vers l’aéroport SSR. Raison officielle : l’ATR-72 ne pouvait engager des manoeuvres d’atterrissage à l’approche du Sir Gaëtan Duval Regional Airport en raison d’une absence de visibilité liée à la pluie, comme cela avait été le cas vendredi matin.
Depuis ce matin, un retour à la normale est annoncé à Rodrigues alors que, dans la journée d’hier, Pointe-Canon a enregistré 77 mm de pluies, contre 48 mm à Plaine-Corail, après les pointes de pluies enregistrées en fin de semaine. Les activités ont repris normalement ce matin. Écoles et autres institutions scolaires ont ainsi été rouvertes.
Selon de premières indications recueillies de sources concordantes sur le terrain, un bilan mi-figue mi-raisin serait à l’ordre du jour. La plus grande satisfaction est exprimée au niveau de l’eau. Quasiment tous les réservoirs et digues sont en effet remplis à 100%, avec même des débordements dans certains cas. Les pluies ont également été extrêmement bénéfiques pour les nappes phréatiques, mises à rude épreuve après de longues périodes de sécheresse.
« C’est confirmé ! Tous les réservoirs sont remplis à 100%. Nous ne devrons avoir aucune crainte en ce qui concerne l’approvisionnement en eau à Rodrigues », a déclaré le commissaire de ressources en eau Simon Pierre, qui confirme également que les quatre unités de dessalement d’eau de mer devront être livrées officiellement le mois prochain. Le constat est cependant plus pessimiste concernant la culture vivrière, qui a souffert des  effets de l’eau stagnante en l’absence d’un système d’évacuation d’eau de pluies. Les principales régions affectées sont Mourouk, Graviers, Rivière-Bananes, Grand-Baie, Baie-du-Nord, Anse-Raffin, Pointe-Coton, Anse-Ali et St-François. Les cultures vivrières dans ces régions ont en effet beaucoup souffert.
« Depi environ 20 ans, pas fine gagne la pluie kumsa. Pandan kat zur pas arete. En 1995, ti gagne ene lapli inpe pareil. Tou bane la grain mo fine semer fine trempe ek delo. Pou bizin rode semans ankor. Delo la fine faire degat. La rivier ankor gro, mem si lapli fine arrete », déclare un planteur de Mourouk rencontré par Le Mauricien. Comme tous les Rodriguais, il regrette l’absence d’une infrastructure de base pour conserver l’eau, qui continue à se diriger vers la mer.
Des officiers de la Commission de l’Agriculture ont sillonné l’île en vue d’évaluer les dégâts causés à l’agriculture principalement. La décision de procéder à une distribution de semences à la communauté des planteurs de Rodrigues pour une relance de ce secteur devrait faire l’objet d’une annonce lors du point de presse du Chef Commissaire cet après-midi. Une autre priorité retenue concerne la construction de drains pour évacuer l’eau en périodes pluvieuses.
Des membres de la Special Mobile Force et des sapeurs-pompiers ont dû intervenir d’urgence à Pointe-Canon à la suite d’un gros éboulis affectant la maison d’une famille. Les occupants ont été installés dans le centre communautaire de la région jusqu’à nouvel ordre, en l’occurrence jusqu’à ce que le terrain soit sécurisé. Les membres des forces de l’ordre ont par ailleurs été déployés dans les régions côtières de l’île pour des travaux de déblaiement.