« J’ai vu des diplômés vendre des légumes et d’autres travailler dans la boutique de leurs parents. C’est vraiment triste ! » Tel est le constat de Roubina Jaddoo, conseillère municipale et candidate au No 2 (Port-Louis-Sud/Central). Lors de ses séances de porte-à-porte dans la circonscription, elle a été confrontée au problème de manque d’emplois, doléance qui l’interpelle fortement. Elle se dit aussi profondément bouleversée par les difficiles conditions de vie des habitants du Morcellement Manna, à Tranquebar, « alors même qu’on parle de l’île Maurice durable ».
Cet après-midi, Roubina Jaddoo, avocate de profession, ainsi que ses deux colistiers Mahmad Kodabaccus et Anwar Abbasakoor, guidés par quelques familiers de l’endroit, s’en vont distribuer des tracts aux habitants de la rue Leneveu, à proximité de la rue Magon. Leur première rencontre est un boutiquier à qui on les présente. « Ah si ti travayis, mo ti pou dir zot ale », lance-t-il. Quelques instants plus tard, les candidats posent des tracts là où ils ne rencontrent âme qui vive. À ceux qui sont présents, ils disent compter sur leur soutien. « Vote sanzman in », lance la seule femme candidate, les deux principales bannières confondues, et peut-être aussi la première femme à se faire élire dans cette circonscription.
Détentrice d’un LLB de Londres, l’ancienne élève du collège Lorette de Port-Louis, qui a passé son enfance à Vale, dit « très bien connaître » la capitale pour y avoir effectué sa scolarité et pour y travailler. Elle a d’ailleurs une résidence à Pailles.
« Lors de l’exercice de porte-à-porte, je reçois beaucoup de doléances. Les problèmes qui reviennent le plus souvent sont le manque d’emplois, le manque d’infrastructures, la pénurie d’eau, l’insécurité et les infrastructures routières, dont des problèmes de drains. » Questionnée sur ce qu’elle compte réaliser en priorité pour ses mandants si elle est élue, elle répond : « D’abord, il y a les 12 items prioritaires qui figurent dans le programme électoral de l’Alliance Lepep et qui sera mis en réalisation. Un des problèmes principaux, selon moi, c’est le manque d’emplois. Il faudra embaucher un maximum de personnes. Il y a beaucoup de diplômés qui sont au chômage et cela m’interpelle fortement. J’ai vu des diplômés vendre des légumes et d’autres travailler dans la boutique de leurs parents. C’est vraiment triste ! D’autre part, il y a le problème d’eau qu’il faudrait régler à Port-Louis. Il faudrait par ailleurs davantage d’infrastructures récréatives dans la région du Ward IV et à Vallée-Pitot, mais aussi davantage de lumières publiques à morcellement Manna, à Tranquebar. C’est un  endroit où les habitants n’ont pas d’eau, pas de route convenable. On parle d’île durable, mais ils vivent dans des conditions difficiles, dans des maisonnettes. ». Abordant ensuite la problématique des marchands ambulants, elle explique : « Ils sont quelque 3 000 et il faudrait trouver une solution pour eux. On a des sites en tête où ils peuvent écouler leurs produits. Nous les dévoilerons à la fin de la campagne. Il y a aussi le problème de drogue dans la circonscription. »
Quant à savoir si elle a toujours eu envie de faire de la politique active, la candidate reprend : « Je suis tombée dans la politique par un concours de circonstances quand j’ai défendu les imams dans l’affaire Azaan. J’ai alors constaté qu’il y avait une lacune au niveau de la communauté musulmane. Il manquait de personnes pour les représenter. Je me suis alors dit qu’il fallait prendre les choses en main. Et c’est ce qui m’a poussée vers la politique. Mon père était Chairman du Tobacco Board et a toujours été aux côtés de SAJ. » Conseillère municipale depuis décembre 2012, Roubina Jaddoo compare ce passage à la municipalité à « une université de la politique où on apprend les problèmes de base de l’endroit pour, ensuite, consolider le reste à partir de tout cela ».