Après plusieurs épisodes de harcèlement moral et physique allégué, un mineur a finalement été renvoyé du club de natation de Blue-Bay, affilié à la National Sports Federation. Le fils de Hemandar Madhow aura pourtant à plusieurs reprises signalé la série d’incidents allégués aux autorités dont la Police, l’Ombudsperson for Children, ainsi que les divers ministères concernés. Lors d’une conférence de presse jeudi, le Parlement Populaire, qui soutient la famille Madhow dans cette affaire, a dénoncé ce cas de discrimination alléguée en soulignant, textes de loi à l’appui, qu’outre la Constitution, au moins trois textes de loi, prohibent les discriminations, à savoir, le Code pénal, l’Equal Opportunities Act et la Sports Act. Par ailleurs, une plainte a été logée après la conférence de presse à l’Equal Opportunities Commission.
« Il faut que les autorités compétentes prennent leurs responsabilités dans cette affaire », soutient le Parlement populaire, qui était représenté notamment par Catherine Boudet. À travers le soutien apporté à la famille Madhow, le Parlement populaire dit vouloir « interpeller les autorités et la société civile sur l’importance de prendre en considération et de prendre en charge des cas de discrimination signalés, surtout s’ils concernent des enfants. C’est important et c’est nécessaire, pour qu’un enfant qui se sent victime puisse sortir du traumatisme et se reconstruire. » La discrimination, souligne le Parlement populaire, « n’est pas une fatalité. Il existe des textes législatifs » pour les contrer.
Membre depuis février 2013 du Blue-Bay Swimming Club, qui utilise les facilités du Mauritius Sports Council pour opérer, le fils de Hemandar Madhow, aujourd’hui âgé de 12 ans, aurait commencé à subir des brimades et à être privé d’explications sur les techniques lors des entraînements. Dans son dossier de plainte à l’EOC, le père soutient que son fils était le plus rapide de son groupe et qu’il n’aurait pas été promu dans le groupe d’élite tandis que d’autres, moins rapides, auraient été promus. « Quand il a pu passer dans le groupe d’élite, il bénéficiait de deux entraînements d’une heure par semaine alors que d’autres pouvaient s’entraîner cinq fois deux heures par semaine », soutient-il. Son fils aurait d’autre part subi des entraînements pénibles auxquels ne seraient pas soumis les autres et qui lui auraient donné des douleurs musculaires.
Bien d’autres éléments ont été détaillés dans la plainte. Mais, c’est en juillet 2015 que l’affaire se serait vraiment corsée. Lors d’une réunion de parents, Hemandar Madhow devait soulever le problème d’inégalité de traitement et proposer une méthode plus transparente d’évaluation, ce qui devait être accepté par le club. Mais, au retour du head coach du fils de Madhow en octobre 2015, ce dernier aurait supprimé le protocole mis en place et aurait commencé à « infliger des traitements humiliants à l’enfant. Il aurait notamment obligé l’enfant à rester dans l’eau malgré des crampes. » Après que le père eut rapporté le cas à la police pour “child molesting” le head coach a été convoqué à deux reprises par la police. « Mais, les maltraitances devaient reprendre de plus belle. Après chaque convocation à la police, le Head Coach rétrogradait l’enfant à un niveau inférieur (26 et 30 octobre), si bien que ce dernier se retrouve fin octobre rétrogradé du niveau élite au niveau débutant. » Le père réfère le cas également à la CDU. L’enfant est alors suivi par un psychologue du ministère suite au traumatisme qu’il aurait subi. Le 28 décembre, le fils est finalement renvoyé du club. La raison invoquée : « en avertissant la presse, M. Madhow aurait causé “a direct and negative impact on the reputation and image of the club”. »
Le Parlement populaire cite trois textes de loi qui prohibent les discriminations. Par exemple, « l’article 22 de l’EOA qui interdit toute discrimination dans l’accès au “membership” d’un club et dans le traitement des membres de ce club ». Le Parlement populaire dit ne pas avoir l’intention de se substituer aux autorités compétentes. En remettant un document soigneusement compilé, ils souhaitent que « les autorités compétentes trancheront sur la base de la loi. »