Le Premier ministre rentre au pays ce week-end après avoir passé une semaine à Londres. Il n’a toutefois pas pu se rendre à Maputo, au Mozambique, pour le sommet des chefs d’État de l’organisation de l’Afrique australe; le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell l’a remplacé.
Après avoir passé une semaine dans la capitale anglaise, le Premier ministre sera de retour ce week-end. Du fait de son agenda, Navin Ramgoolam aura toutefois manqué le sommet de la SADC, à Maputo (Mozambique). Mais il a été remplacé au pied levé par le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell.
Durant son séjour à Londres, le Premier ministre a eu notamment des discussions avec les hommes de loi du Groupe Réfugiés Chagos (GRC), et ce dans le but d’harmoniser l’action du gouvernement avec ces derniers. Le GRC a deux affaires en justice contre le gouvernement britannique. La première a été logée devant la Cour européenne de justice et la seconde, devant la justice britannique pour contester la création d’un parc marin autour des îles des Chagos. Navin Ramgoolam a également eu une session de travail avec Geoffrey Robertson sur les derniers développements dans les médias, notamment concernant la publication des photos du corps de Michaëla Harte dans un hebdomadaire.
Inaugurant le sommet de la SADC à Maputo hier, le président mozambicain Armando Guebuza a plaidé pour le développement d’infrastructures. Il s’est inquiété des crises qui pourraient mettre en péril l’intégration régionale.
Les quatre principaux dossiers sur lesquels la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) devrait se pencher pendant les deux jours du sommet sont la transition politique à Madagascar, la crise en RDC, où sévissent les rebelles du M23, le Zimbabwe, et enfin le conflit frontalier entre le Malawi et la Tanzanie.
« Nous sommes très préoccupés par la situation dans l’est de la République démocratique du Congo et nous apportons notre soutien au rétablissement de la paix dans ce pays, qui fait partie de la SADC », a relevé M. Guebuza, dont le pays a pris hier la présidence tournante de l’organisation à l’Angola.
Une récente réunion à Kampala a évoqué l’envoi d’une « force neutre » dans l’est de la RDC, où le mouvement rebelle M23 a pris les armes contre les autorités en avril, obligeant quelque 250 000 personnes à fuir les combats. Concernant Madagascar, « continuons à promouvoir un dialogue amélioré pour faire avancer ce processus (…) afin qu’il y ait une confiance mutuelle entre les deux parties », a noté Armando Guebuza. « Que pouvons-nous faire pour les faire parvenir à un consensus ? » s’est-il demandé.
L’ancien président malgache Marc Ravalomanana et l’actuel homme fort de la Grande Île, Andry Rajoelina, ont été convoqués jeudi soir pour plaider leur cause devant la « troïka », l’organe de sécurité et de défense de l’organisation. Ils devaient faire une apparition au sommet vendredi, a-t-on appris de sources diplomatiques.
La SADC, qui joue les médiateurs depuis le renversement du premier par le second lors d’une révolution en mars 2009, leur avait donné jusqu’à jeudi pour aplanir leurs différends, menaçant d’exclure le responsable d’un éventuel blocage du processus de réconciliation.
La situation n’a guère évolué, M. Rajoelina s’opposant au retour de son rival, qui a été condamné par contumace aux travaux forcés à perpétuité pour son rôle dans la mort de 36 manifestants abattus par sa garde lors des émeutes qui l’ont emporté.
L’homme fort de la SADC, qui est aussi son médiateur dans la crise zimbabwéenne, le président sud-africain Jacob Zuma, a annoncé son départ de Maputo pour se rendre à la mine de Marikana, dans le nord-ouest de son pays, où des policiers ont tiré sur des mineurs grévistes jeudi, faisant, selon un premier bilan officiel, 34 tués et 78 blessés.