Pendant au moins sept heures hier dans les locaux du Central CID, le pédophile présumé du « cercle fermé de Tamarin » Michel de Ravel de l’Argentière a été rattrapé et hanté par des actes commis il y a au moins une quinzaine d’années de cela. Cinq victimes ont logé des plaintes formelles au Central CID contre le suspect en faisant des révélations sur cette affaire, qui couvait depuis tout ce temps. Au terme de son interrogatoire, il a reconnu les faits dans quatre des cinq cas faisant l’objet d’enquête. Dans le cinquième cas, il affirme ne pas pouvoir se souvenir des faits qui lui sont reprochés. Michel de Ravel de l’Argentière, 52 ans, un professionnel habitant Tamarin, est maintenu en détention policière depuis hier après-midi, car l’enquête n’a pas été bouclée.
Les informations glanées de sources concordantes aux Casernes centrales hier, en marge du déroulement de cette enquête, confirment que le pédophile présumé est passé aux aveux dans la majorité des cas rapportés jusqu’ici à la police. Cinq des victimes sont venues de l’avant pour le dénoncer. Il semblerait que deux autres cas attendent d’être révélés formellement à la police. Ces victimes, qui ont signifié leur intention de venir de l’avant, ne l’ont pas fait jusqu’ici.
Michel de Ravel de l’Argentière, qui a retenu les services de Me Siddartha Hawoldar, n’a fait preuve d’aucun signe de résistance ou d’objection quand il a été confronté aux accusations retenues contre lui. « Je concède les faits et je regrette au plus profond de moi ces actes, pour lesquels je me suis fait soigner depuis. Je vais collaborer entièrement avec la police dans son enquête », a-t-il déclaré lors de son interrogatoire sur chacun des quatre cas non-contestés.
« Pendant des années, j’ai porté ces affaires en moi comme une véritable torture. Je présente mes plus plates excuses à tous. Je suis disposé à aider à soulager la souffrance des victimes », devait ajouter Michel de Ravel, avant d’être conduit en cellule policière au Moka Detention Centre où il passera le week-end. Il a aussi ajouté qu’il y a quelques années de cela, il avait pris la décision de se faire soigner en suivant une thérapie formulée par des psychologues.
Interrogé par Le Mauricien après la longue séance d’interrogatoire, Me Hawoldar a confirmé que « mon client apporte toute sa collaboration à cette enquête policière ». Il a été confirmé que parmi ses victimes se trouve l’une de ses propres nièces.
Si dans quatre des cas, le pédophile présumé n’a pas soulevé d’objections aux accusations et allégations portées contre lui, Michel de Ravel affirme ne pas se souvenir des faits concernant le cinquième cas. Mais la victime, elle, a encore fraîche en mémoire l’agression sexuelle dont elle a fait l’objet étant mineure. Lors de la confrontation, le prévenu s’est vu rappeler en détail les vêtements qu’il portait, dont la couleur du short sur lui, « at the material time » quand il a agressé sexuellement la victime sans défense.
Michel de Ravel de l’Argentière sera présenté aujourd’hui devant la Bail and Remand Court pour son inculpation provisoire d’attentat à la pudeur. Il devra également subir des examens médicaux pratiqués par le Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, durant le week-end.
Cette affaire de pédophilie dans le « cercle fermé de Tamarin » a resurgi à la surface il y a environ deux mois quand l’une des victimes, arrivant difficilement à gérer psychologiquement ce traumatisme, s’est confiée sur le réseau social Facebook avant d’être référée à une psychologue pour une thérapie.
Par la suite, d’autres victimes de ce pédophile présumé ont partagé leurs amères expériences avant de prendre la décision d’avoir recours à la justice. En début de semaine, cinq d’entre elles, ayant retenu les services de Me Yanilla Moonshiram, se sont présentées au Central CID en vue de consigner des dépositions à charge et en bonne et due forme.
Cette étape a pris fin à la mi-journée jeudi quand les limiers du Central CID devaient prendre la décision de procéder à l’arrestation du suspect sur les « Corroborative Evidence » versées dans le dossier. Néanmoins, Me Hawoldar devait prendre les devants en prenant contact avec le QG du Central CID, disant qu’il allait accompagner le suspect aux Casernes centrales, hier matin.
En dernier lieu, Le Mauricien n’a pu obtenir confirmation officielle des parties concernées que des tractations entre le suspect et les victimes se sont déroulées en première partie de semaine dans une tentative d’étouffer dans l’oeuf ce scandale de moeurs ébranlant ce milieu fermé. Une somme de Rs 2 millions aurait été proposée à chacune des cinq victimes si elles se rétractaient et gardaient le silence sur cette sinistre affaire, qui a éclaté au grand jour.