Si de plus en plus de Mauriciens se tournent vers le sapin de Noël artificiel, l’arbre naturel n’a pas dit son dernier mot. Que sait-on de la culture de ces arbres et de son commerce annuel qui a démarré le jeudi 20 décembre.

Vishnu Tezoo avec ses sapins

Une industrie en prélude à Noël.  Pour éviter les abattages sauvages des sapins tant convoités, le ministère de l’Agro-industrie approvisionne lui-même le marché local en quantité suffisante. Le département des bois et forêts dudit ministère à Curepipe ouvre ses terres aux vendeurs qui, munis de serpes et de tronçonneuses, viennent s’y approvisionner. L’instance met environ 2,000 sapins en vente dans différents points du pays à l’instar de la route jardin à Curepipe, à Souillac, le Forest Range Office à Quartier-Militaire et Abercrombie Forest Nursery à Ste Croix.

Selon Vishnu Tezoo, Conservateur des forêts du Forestry Service, les sapins se vendent à Rs 200 l’unité pour les particuliers et à 150 roupies pour les revendeurs, “sauf pour le cyprès dont le prix peut atteindre Rs 1,000 car il se fait de plus en plus rare à Maurice depuis quelques années et ne grandit pas aussi vite que le pin.” Le pin est le seul à être vendu après l’abattage dans les forêts de l’État, précise notre interlocuteur qui ajoute que “les gens se rabattent aussi sur l’araucaria qui a la particularité de se porter très bien dans un pot.”

Quant au fait que de plus en plus de gens se tournent vers le sapin artificiel, Vishnu Tezoo dit qu’”il est évident que par rapport à la longévité de l’apparence, les gens en tirent certains avantages mais beaucoup de Mauriciens, heureusement, perpétuent la tradition et restent fidèles à l’arbre de Noël naturel pour son parfum. Ce débat reprend chaque année dès que se pointe la saison des fêtes. L’arôme d’un sapin fraîchement coupé ou l’économie qu’offre un arbre artificiel compte tenu de sa longévité.

Romain, que Week-End a rencontré sur les terres des Bois et Forêts, est ancré dans la tradition : “Quand j’étais enfant, je ne savais pas qu’il existait des arbres de Noël artificiels et en tant qu’amoureux de la nature, il est indispensable que mes gosses connaissent l’odeur et le toucher particulier dans leur salon et qu’ils transmettent cette tradition à mes petits-enfants.” Il avance que “notre monde a trop tendance à se tourner vers l’artificiel et le synthétique de nos jours, ce qui est une mauvaise chose.”

Pascaline, elle, est venue acheter un sapin artificiel à Espace Maison & Jardin à Trianon. Elle est d’avis qu’”il est plus pratique et il donne un air de fête sans les inconvénients et on peut l’utiliser pendant plusieurs années.”

Vrai ou faux, le sapin reste l’un des plus majestueux symboles du temps des fêtes.

L’artificiel et l’ingéniosité s’enracinent

Les arbres de Noël enneigés sont ceux qui se vendent le plus, même s’ils sont les plus chers “jusqu’à Rs 6,000, dépendant de la hauteur”, confie Cendrine du rayon sapin à l’Espace Maison & Jardin. Ces arbres sont hyper réalistes, certains décorés de pommes de pins Neige. Les sapins verts, blancs ou iridescents sont commercialisés dans la fourchette de Rs 1000 et Rs 4000. “Les nombreux acquéreurs apprécient le fait que l’artificiel amène avec lui la magie de Noël”, dit la vendeuse. Les seules variétés d’arbres de Noël vendues à l’Espace Jardin sont les araucarias, aussi bien en pot que coupés. En pots, ils coûtent entre Rs 950 et Rs 1,500 dépendant de la taille.

De belles branches de bois de goyave ou de tecoma montées sur une colonne centrale

Le sapin se veut plus créatif et ne cesse de se réinventer, certains particuliers rivalisant d’ingéniosité pour attirer les clients. Fabrice Domaingue, un habitant de Bel-Air/Rivière-Sèche, confectionne depuis trois ans des arbres de Noël en bois.

De belles branches de bois de goyaves ou de tecoma montées sur une colonne centrale. Ce menuisier a réussi à en vendre une cinquantaine depuis le 18 décembre au bord des routes de Rivière Noire ou par le biais de Facebook. Le jeune homme confie à Week-End que son rêve est  “de pouvoir faire des expositions ou d’ouvrir mon propre magasin à l’avenir.” Pour l’instant, il contemple ses œuvres avec fierté.