Cette semaine, une étape importante a été franchie avec la visite de Adam Yedid (architecte DPLG architecte-conseil au Service des musées de France) et Frédéric Masviel (architecte-urbaniste d’Etat, chef de bureau de l’innovation et du conseil technique au Service des Musées de France). Ces experts interviennent dans le cadre du projet du gouvernement mauricien et apportent le maximum d’expertise, d’échanges de vues, de méthodologie en vue d’élaborer un cahier de charges concernant le futur musée. Un premier constat a été établi par Frédéric Masviel lors d’une conférence-débat à l’Institut français de Maurice cette semaine : le bâtiment choisi (le Musée sera construit dans une partie de l’ancien hôpital militaire à Trou Fanfaron, à savoir un vieux magasin construit pour l’hôpital connu comme la STC Building) est un témoignage de l’histoire de Maurice. La tendance actuelle dans le monde est de construire des musées dans des centres historiques. Port-Louis, a fait ressortir Masviel, est une ville intéressante qui gagnerait une meilleure visibilité dans ses parties historiques. Ce musée peut être « un premier acte dans le fait de retrouver la visibilité de la ville ». Il y a une bonne architecture à construire en tenant compte de « l’ici et le maintenant ». Il s’agit de réaliser un musée pour le futur en n’effaçant pas le passé. Frédéric Masviel a parlé de grande aventure avec ce projet de Musée d’Art National. Le Service des Musées de France et le Ministère français de la Culture ont consenti à un partage. Frédéric Masviel et Adam Yedid ont visité, pendant leur séjour à Maurice, le substrat dans lequel faire germer ce projet de musée et ont eu des rencontres avec différents partenaires mauriciens (Culture et Avenir, Ministère de la Culture à Maurice, etc) pour aider à l’élaboration d’un cahier de charges.
Dans leur présentation, les deux architectes ont mis l’accent sur quelques points importants : un musée repose sur un cadre juridique fondamental. Un musée vit à travers une collection. Il faut conserver, étudier, enrichir une collection et donner accès à la culture. Un musée implique une médiation auprès des publics. Il faut aussi une politique culturelle. On ne fait pas un musée seul mais en réseau (on fait tourner des expositions). Pour concevoir un musée, il faut impérativement que ces conditions soient remplies. Dans son exposé, Adam Yedid a parlé de la relation de l’architecture à l’histoire avec la présentation de différents bâtiments réalisés à l’étranger. Il a aussi parlé des approches très contrastées de muséologie en France en donnant des exemples qui peuvent intéresser Maurice. D’autres questions ont été abordées, à savoir la restauration. L’on a fait ressortir que la programmation d’un musée oblige à opérer des choix (ce qu’il faut préserver à tout prix, jusqu’où on restaure et comment?
Le patrimoine est constitué d’éléments qu’il faut prendre en compte : l’état du bâtiment, le choix de restauration, l’intérêt et l’intelligence du bâtiment… comment est-il bâti? On retiendra aussi qu’il ne faut pas altérer un bâtiment qui existe. Il y a un édifice et son histoire? Ce qui n’exclut pas la juxtaposition du moderne à l’ancien. Beaucoup de choses reposent sur le dynamisme entre le passé et le présent.