Le collectif citoyen Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) n’a pas l’intention de lâcher prise dans l’affaire de la plage de Pomponette. En cour mercredi dernier, les membres d’AKNL ont vu une énième fois l’affaire reportée, et ce, pour des « détails ».

« Nous étions en Cour suprême mercredi 29 janvier et tout semble indiquer que nous sommes partis pour encore un bon moment, car les objections rocambolesques fusent. Le State Law Office et le ministère des Terres préfèrent se battre en Cour suprême contre des citoyens qui ont tout fait depuis trois ans pour que des escrocs ne s’accaparent pas d’un bien qui appartient à tous les Mauriciens. Si le State Law Office n’a pas agi pour annuler le lease de Clear Ocean Hotel and Resort Ltd, il a par contre décidé de s’acharner à soulever des objections qui font perdre du temps à tout le monde dans l’affaire logée en Cour suprême, où les membres d’AKNL remettent en question la décision de déproclamer la plage publique de Pomponette », écrit Carina Gounden d’AKNL dans un communiqué.

L’affaire est ainsi renvoyée au 28 mai et AKNL garde espoir que le nouveau ministre du Logement et des Terres, Steven Obeegadoo, agira. « En attendant les éclaircissements et les précisions, c’est reparti pour une autre année ! Sauf si le ministre Steven Obeegadoo décide de mettre un peu d’ordre dans tout ceci. Or, ce dernier préfère lui aussi garder le silence à ce sujet et nous trouvons cette position indigne d’un homme politique de la carrure de Steven Obeegadoo. Est-ce que Monsieur le Ministre continuera à se battre contre nous ou va-t-il plutôt s’occuper de ces escrocs qui courent toujours ? »

Pour rappel, c’est en septembre 2016 que commence l’affaire Pomponette. Le ministre du Logement et des Terres d’alors, Showkutally Soodhun, privatise la plage de Pomponette pour céder un bail au groupe sud-africain Pelangi, qui détient Clear Ocean Hotel and Resorts Ltd. Un groupe qui connaît des déboires financiers et qui a même été traduit en cour pour non-paiement de loyer à Ébène. Face aux nombreuses zones d’ombre entourant ce projet hôtelier qui peine à sortir de terre, plusieurs activistes décident de monter au créneau, dont le Front Citoyens Libres de George Ah-Yan, ReA, GWF, CARES et AKNL, qui en font leur cheval de bataille. S’ensuivront alors plusieurs années de combat juridique et médiatique.