S’il conduit l’Albiceleste au titre mondial dimanche, Lionel Messi aura montré une bonne fois pour toute à son pays qu’il est argentin de la tête aux pieds, malgré son exil précoce en Espagne.
Dès son plus jeune âge, Messi a montré un talent exceptionnel pour le football sur les terrains de Rosario, sa ville natale située à 300 km au nord de Buenos Aires. Il y est vite repéré par les Newell’s Old Boys, le club local, où il brille dans les catégories de jeune au sein de « La Maquina 1987 », son année de naissance.
Sportif surdoué, le jeune Lionel, surnommé la Pulga (la puce), n’en est pas moins touché par une maladie de croissance qui l’oblige à suivre un traitement coûteux.
Mais au tournant des années 1990-2000, la famille est frappée par la terrible crise économique qui secoue l’Argentine. Son père Jorge, ouvrier métallurgiste, perd son emploi. Les quelques ménages effectués par la mère, Celia, suffisent à peine pour faire survivre les quatre enfants du couple mais pas pour payer les 1300 dollars mensuel du traitement de Leo.
Les Messi décident d’alors d’émigrer à Barcelone, où ils ont un cousin et où Lionel, qui a alors quatorze ans, pourra tenter de convaincre l’un de ses clubs favoris le Barça.
Banco! Les dirigeants blaugrana, qui avaient déjà vu des vidéos de Messi avant qu’il débarque en Espagne, sont séduits par le potentiel extraordinaire de la Pulga et acceptent de financer son traitement. Ce sera le cas jusqu’à ce qu’il atteigne sa taille définitive d’1,69 m.
Malgré cette adolescence catalane, Messi n’a jamais perdu son accent caractéristique et « ses habitudes sont toujours restées complètement argentines », souligne une vieille amie, Cintia Arellano. Et même s’il a vécu plus longtemps à Barcelone qu’à Rosario, « il est tellement rosarien qu’on a parfois l’impression qu’il n’est jamais parti », dit Cintia Arellano. Son plat favori reste la « milanaise napolitaine », une escalope panée à la sauce tomate et à la mozzarella typique du Rio de la Plata.