Arianne Navarre-Marie doute que le projet de loi puisse faire diminuer le nombre d’avortements clandestins si la mise en pratique du projet, dit-elle,  n’est pas accompagnée d’une série de mesures concernant l’éducation sexuelle, la contraception et l’assistance familiale aux mères célibataires. « Venir avec un tel projet sans avoir initié ces mesures, c’est mettre la charrue avant les boeufs », a-t-elle lancé, en affirmant que la majorité de celles qui se dirigent vers les officines ne tombent pas dans les catégories figurant dans le projet de loi.
Au début de son intervention, la députée mauve a souligné la diversité des opinions à chaque fois que l’avortement est évoqué et, à son avis, personne « ne peut prétendre détenir la vérité » à ce sujet. Elle apprécie la démarche de son parti de laisser une opinion libre à ses membres sur ce sujet en raison justement de cette diversité. « Au MMM, nous sommes respectueux de cette diversité en n’oubliant pas que cette diversité existe dans nos propres rangs. »   
Selon l’ancien ministre des Droits de la  femme et des enfants du gouvernement MMM-MSM, il est important dans les débats sur ce projet de loi que l’on s’attarde sur les raisons pour lesquelles les femmes ont recours à l’avortement. La députée cite le cas de mères célibataires et le cas de mères de familles nombreuses qui, très souvent, selon elle, n’utilisent aucune méthode de contraception. Et ce sont précisément ces femmes, dit-elle, qui se retrouvent parmi les catégories ayant recours à des services non-professionnels et qui, dans bien de cas, se retrouvent par la suite à l’hôpital pour un curetage. « S’il doit y avoir ou non une loi relative à l’avortement, il paraît impérieux que tout projet sur ce plan s’inscrive dans un ensemble législatif relatif aux droits et aux devoirs de l’individu, se rapportant aussi bien à l’éducation sexuelle, à la contraception, à l’assistance familiale et à l’assistance aux mères célibataires à l’assouplissement de la loi sur l’adoption », plaide la députée du MMM.
S’agissant des jeunes victimes de viol et d’inceste qui, selon le projet, pourront avoir recours à l’avortement, Arianne Navarre dit ne pas croire que ces personnes, dans la réalité, pourront avoir la possibilité de profiter de cette législation. « Théoriquement,  elles peuvent avoir recours à l’avortement si le projet de loi est voté. Mais en réalité, il n’en est rien. Tout le monde sait qu’avant qu’une mineure ne dénonce un cas de viol, cela prend plusieurs semaines. Et dans les cas d’inceste, la situation est pire. Dans certains cas, cela prend plusieurs années », constate la députée mauve. Elle ajoute que quand l’agresseur est un membre de la famille, la dénonciation est souvent difficile, soulignant que, dans beaucoup de cas, la mère de la jeune victime est dépendante économiquement de l’agresseur.
La députée a dit aussi être « mal à l’aise » avec la clause autorisant des avortements dans les cas de malformation du foetus et qu’elle ne peut se souscrire à untel projet de loi. « Je crois comprendre, après avoir écouté des médecins, qu’il est encore difficile, voire impossible, de détecter toute malformation durant les premières semaines. Ils ont précisé qu’il existe des possibilités d’erreur dans le diagnostic. Ce n’est donc pas une science exacte. Imaginez que, sur la base du diagnostic d’un médecin, une maman se fasse avorter et qu’on découvre par la suite que l’enfant n’avait aucun problème. Cela pourrait avoir des séquelles sur la santé physique et psychique de la maman, ainsi que des conséquences sur la vie du couple qui était dans l’attente d’un enfant », termine Arianne Navarre-Marie.