Depuis 1791, le second amendement de la Constitution américaine garantit à tout citoyen le droit de porter une arme. Depuis, les exactions de pistoleros en herbe ne se comptent plus. Au pays de l’oncle Sam, le lobby des armes est devenu un véritable pilier culturel.
Colombine, Aurora, Newton… Des noms de patelins américains dont quasiment personne n’avait jusque-là entendu parler mais qui, du fait d’événements tristement marquants, auront fini par sortir de l’ombre, sans pour autant que leurs citoyens n’aient jamais voulu acquérir une quelconque notoriété par ce truchement. Des villes ordinaires somme toute, mais dont l’histoire aura trouvé écho dans un destin commun. Fait d’Américains et d’Américaines unis dans une seule et unique tragédie, celle du droit de porter une arme et de celui d’en mourir.
Tel est le pays de l’oncle Sam depuis plus deux siècles. Une nation “exemplaire” où la foi en la National Rifle Association (NRA) aura supplanté toute autre forme de croyance, tant les gros calibres ont aujourd’hui remplacé les Bibles sur les tables de chevet. La raison se sera vue plus d’une fois trahie. Que les disparus d’Aurora et les enfants de Newton se fassent trucider par des fans déjantés et autres fous furieux n’aura interpellé que le temps d’un drapeau en berne, de quelques larmes versées et de belles paroles compatissantes lancées par les élus les plus en vue. Et ces mêmes victimes de pourrir dans leur tombe sans que personne ne s’en émeuve davantage.
Mais qui, dans tout cela, est à blâmer ? En d’autres termes, s’il fallait trouver un coupable à la surenchère du surarmement, quel serait-il ? Question complexe à vrai dire, mais qui, dans l’absolu, pourrait tenir en un mot : Dollar ! Certains pourraient fustiger cette perception “réductrice”, au vu du noeud gordien constitué par ce fanatisme “ar(me)tistique”, mais pour aussi basique qu’il puisse paraître, ce raisonnement s’appuie sur une vérité absolue : le commerce des armes génère de l’argent, beaucoup d’argent. Et dans le maintien du second amendement, les raisons d’autrefois ne sont plus tout à fait celles d’aujourd’hui.