« Notre pays est-il vraiment un pays attentionné ou sommes-nous seulement des hypocrites ? ». C’est la question que se pose le Regrupma Travayer Sosyal (RTS), faisant allusion au sort des étudiants népalais à Maurice. En effet, selon le RTS, alors que le pays se targuait d’avoir récolté Rs 35 M en faveur des victimes du Népal, une quarantaine d’étudiants de ce même pays « venus à Maurice pour se former en hôtellerie, ont perdu leur argent après avoir été arnaqués ». Le RTS demande au gouvernement et à la présidente Ameenah Gurib-Fakim de « mettre fin à leur calvaire » et de dire « stop au harcèlement de ces jeunes ».
Le porte-parole du RTS, Rajah Madhewoo, crie à « l’injustice » en évoquant le cas de ces étudiants népalais. « Ils ont dû vivre des donations et de l’hébergement gratuit de Mauriciens bénévoles. D’autres se sont résignés à leur perte d’argent et ont payé leur trajet de retour, ne croyant plus dans notre justice. D’autres encore ont accepté de recevoir seulement le voyage vers Mumbai de la part de l’institution tertiaire sans aucun argent de poche. L’un d’eux m’a raconté avoir dormi plusieurs jours à la belle étoile et n’a atteint Katmandou qu’une semaine après, sans manger ni boire, et a eu à mendier. »
Pour le RTS, plus de deux ans après que leur cas a été porté en cour, rien n’a été accompli pour qu’ils récupèrent leur argent. « Aucune sanction n’a pu être prise contre les coupables. Et le temps que leur affaire soit entendue en cour, ils ne sont pas autorisés à travailler. C’est injuste ! » Le RTS rappelle que 80% des Népalais travaillent dans l’agriculture. « À leur arrivée, ils étaient censés suivre un cours en hôtellerie et être rattachés à un hôtel, ce qui devait leur permettre de gagner un peu d’argent. Ils espéraient ainsi pouvoir aider leur famille après leur formation, car ils sont issus d’un pays pauvre. » Selon Rajah Madhewoo, ces jeunes ont non seulement été arnaqués, mais « ils ont aussi été la cible de la police, qui a injustement déporté certains d’entre eux alors que leur affaire est toujours en cour ». Quant à ceux qui sont toujours à Maurice, ils vivent dans « l’angoisse de la déportation », selon lui. « Ils ne sont que huit maintenant. Serait-ce trop demander que l’on les autorise à gagner leur vie ici ? » se demande le RTS.
Le regroupement lance un plaidoyer auprès du gouvernement et de la Présidente de la République afin qu’ils se penchent sur le sort de ces jeunes Népalais. « Nombre de nos étudiants sont à l’étranger et peuvent être en difficulté n’importe quand. Let us do some good so that good can come to us ! »