Le leader de l’Opposition juge « irresponsable » l’attitude du ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, « de ne pas trouver nécessaire » de faire une déclaration au Parlement au sujet du scandal impliquant les sociétés White Dot/Je T’aime Marketing/Sunkai, qui s’amplifie selon lui, et qui prend aussi une dimension internationale. Lors de la conférence de presse hebdomadaire du MMM samedi, Alan Ganoo a demandé au gouvernement d’instituer un Select Committee où les parlementaires, qui ont une expertise dans le domaine financier, dit-il, pourraient aider à faire la lumière sur la circulation de black money et a annoncé qu’il reviendra à la charge sur cette affaire au Parlement, estimant qu’elle comporte « trop de zones d’ombre ».
Selon le leader du MMM, il s’agit aujourd’hui ni plus ni moins que d’un « mega-scandal qui a terni la réputation de Maurice en tant que centre financier ». Alan Ganoo souligne le montant astronomique concerné par ces arnaques financières de même que le nombre élevé de présumées victimes ainsi que le statut professionnel et la notoriété de certaines personnes arrêtées jusqu’ici par la police. « Se enn mega-iskandal ki nou kone pe depas Rs 1 milliard. Toutes les institutions veulent se dédouaner et jusqu’à présent, le ministre des Finances n’a pas trouvé nécessaire de faire une déclaration à la Chambre. Se enn atitid anormal e iresponsab. »
Alan Ganoo a aussi exprimé son étonnement par rapport à la rapidité avec laquelle des suspects dans cette affaire ont obtenu la libération sous caution alors que pour certains délits mineurs, a-t-il fait remarquer, des avocats éprouvent beaucoup de difficultés à obtenir la caution pour leurs clients. « Bann avoka kone kouma difisil pou gayn release on bail. Me dan sa ka-la bann sispe ki inplike dan enn arnak avek enn dimansion internasional finn gayn bail. Madam Bazerque ki enn mastermind dan sa zafer-la inn libere sou kosion. »
Le leader du MMM n’est pas d’accord avec cette idée du ministre des Finances, qui a annoncé son intention de faire appel aux experts étrangers pour aider le gouvernement mauricien à faire la lumière dans ce scandal, et soutient qu’il existe des compétences à Maurice dans ce domaine. « Kouma so premie minis li galoup deryer exper etranze. Il y a des experts à Maurice qui peuvent détecter le mécanisme utilisé par certaines personnes pour commettre des fraudes de cette envergure. Si so minister pa kapav fer li a nou met an plas enn select committee », a insisté Alan Ganoo, qui croit qu’il « faut être vigilant » s’agissant du service sollicité d’experts étrangers en rappelant l’épisode de « Bois de Rose » dont on en n’entend plus parler, dit-il. « Pa finn gagn oken resilta ek dosier-la finn ranze. Nous ne voulons pas que le ministre Duval brouille la piste avec ses effets d’annonce. »
Le leader du MMM se dit préoccupé quant au montant de l’argent annoncé jusqu’ici dans cette affaire et est convaincu que le Select Committee pourrait apporter un éclairage à ce sujet. « Nou pe tande kouma bann milion finn sorti. Eski sa bann konpani-la finn vinn masin-a-lave pou larzan sal ? », s’est interrogé le leader du MMM, qui prévient qu’il reviendra avec d’autres détails en temps et lieu sur cette affaire.
Le leader de l’Opposition est revenu samedi dernier sur les inondations meurtrières du 30 mars dernier dans lesquelles ont péri onze personnes. Alan Ganoo s’est attardé sur les dernières annonces faites par le Premier ministre durant la semaine écoulée et qui, selon lui, accréditent la position prise par le MMM depuis le début. « J’avais dit dans la PNQ que c’était une grave erreur d’avoir remplacé le secrétaire du cabinet par le Commissaire de Police à la présidence du National Disaster Coordination Committee. J’avais mentionné les principales recommandations du rapport Domah qui n’ont pas été mises en pratique. Le PM a reconnu aussi ces derniers jours qu’il y a eu un manque de coordination entre les différents services pendant ces inondations et a annoncé la mise sur pied d’une National Disaster Unit en permanence. Le PM a pris certaines décisions allant dans le sens de ce que nous avons demandé. Cela veut dire que les critiques de l’Opposition étaient justifiées », a commenté Alan Ganoo. Il maintient sa demande pour l’institution d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les failles des institutions pendant cette catastrophe naturelle en soulignant que d’autres observateurs indépendants en font la même demande en citant les noms de Mes Raouf Gulbul, Manish Gobin et Rama Valayden. Il a aussi noté qu’un collaborateur régulier dans un quotidien proche du Parti travailliste abonde dans cette même direction et a cité de larges extraits de l’article paru.