L’expertise du Serious Fraud Office (SFO) de Grande-Bretagne devrait être disponible pour la deuxième étape de l’enquête du Central CID au sujet des arnaques financières, dont le préjudice pourrait être plus de Rs 1 milliard. En effet, Mark Thompson, patron de la Proceeds of Crime Division du Serious Fraud Office, a effectué une première mission d’évaluation au cours de la semaine dernière avec des séances de travail au niveau de tous les Stakeholhers engagés dans des investigations en vue d’élucider les différents Ponzi Schemes mis à jour jusque-là. De son côté, la Banque de Maurice, qui travaille en collaboration avec l’Office of the Director of Public Prosecutions, confirme en fin de semaine que cinq banques commerciales seront incessamment passibles à des amendes exemplaires pour leur manque de vigilance dans des cas d’arnaques financières avec des délits potentiels de Money Laundering.
A la veille de son retour à Londres, le chef enquêteur du Serious Fraud Office a eu une wrapping up session avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à Clarisse House. Les récents cas de fraude financière, le scandale de trafic de bois de Rose à partir de Madagascar et des cas majeurs de tax evasion ont constitué l’essentiel de ces échanges qui ont duré environ 90 minutes en présence du haut-commissaire britannique, Nick Leake, et de Kailash Ruhee, Chief of Staff au Prime Minister’s Office.
Mark Thompson est de formation un expert-comptable/économiste avec spécialisation sur des enquêtes en vue de traquer des fraudeurs au col blanc. Des premières pistes de travail ont déjà été élaborées avec le chef du gouvernement se disant confiant que dans un avenir pas très lointain des resquilleurs d’impôts devront être pris dans les filets des autorités compétentes.
Au cours de la semaine écoulée, le Chief of Proceeds of Crime Division du SFO, a participé à des séances de travail avec des responsables de la police, au niveau de la Banque de Maurice, de l’Asset Recovery Unit du bureau du DPP et de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) au sujet de ces récents cas de fraude affectant le circuit financier. Ces Stakeholders ont fait des présentations des dossiers des plus urgents et ont tenté de cerner des avenues de coopération avec le Serious Fraud Office en vue de démasquer les coupables.
Au vu des informations recueillies lors de cette mission d’éclaireur à Maurice, Mark Thompson compte transmettre subséquemment au gouvernement des possibilités de collaboration avec les Enforcement Agencies locales. Le déplacement de ce chef enquêteur du SFO fait suite à une demande formulée par le Premier ministre en avril dernier auprès du ministre pour l’Afrique au sein du Foreign and Commonwealth Office, Mark Simmonds.
D’autre part, en marge de ces consultations à haut niveau sur ces cas de fraude, le gouverneur de la Banque de Maurice, Manou Bheenick, a annoncé que cinq banques commerciales sont passibles de très lourdes amendes pour des délits de blanchiment de fonds avec les Ponzi Schemes. Ces amendes seront imposées avec le feu vert du DPP, qui a été consulté à différentes étapes des enquêtes de la Banque Centrale.
Les responsables des banques concernées ont été appelés à fournir des explications formelles au sujet de ces manquements au respect de la loi et des règlements dans la lutte contre le blanchiment des fonds.
Une première indication de ces sanctions sévères avait été donnée par le gouverneur de la Banque de Maurice à l’occasion du dîner annuel de la Mauritius Bankers Association, dont le président est Jairaj Sonno, Chief Executive Officer de la State Bank of Mauritius. « Our investigation has revealed that some banks have not been abiding scrupulously by anti-money laundering laws and guidelines. Five of them would be imposed hefty fines with the concurrence of the Director of Public Prosecitions », s’est-il appesanti.
Manou Bheenick a également révélé qu’à ce jour, le Help Desk de la Banque Centrale a recensé 2 031 victimes d’arnaques financières pour un montant de Rs 769 millions. Il a aussi mentionné le cas de quatre banques commerciales, qui se retrouvent avec des Non-Performing Loans pour un montant de Rs 2,7 milliards sur des avances de Rs 3,5 milliards consenties à des compagnies indiennes. Cette affaire fait beaucoup de bruits dans les milieux de la haute finance ces derniers temps.