Pour la deuxième semaine consécutive, les limiers du Central CID sous la double supervision des ACP Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi maintiennent la pression sur les suspects impliqués dans les cas d’arnaques financières, dont les Rs 700 millions de White Dot International Consultancy Limited. Le prévenu et directeur de cette dernière société a essuyé un double coup de massue dans la journée avec l’interpellation de son épouse, Meeta-Devi Bissessur, et le déshabillage complet de ses fichiers informatiques sur son laptop en vue du prochain interrogatoire du cerveau présumé Arun Mossuddee. Que ce soit du côté de la Banque de Maurice ou encore du Central CID, les mises en garde se multiplient car confirmation a été obtenue que plusieurs autres compagnies, autres que White Dot Int’l et Sunkai Co Ltd, sont suspectées d’escroquerie du genre Ponzi Scheme avec un nombre de victimes de plus en plus grand.
Le suspect Beemul Bissessur, l’un des premiers directeurs de White Dot International Consultancy Limited interpellés, a littéralement passé la journée d’hier dans les locaux de l’IT Unit de la police pour le décryptage des secrets de son ordinateur. Les éléments d’informations recouvrés devront servir de background pour l’interrogatoire d’Arun Mossuddee programmé dans les jours à venir.
Jusqu’ici, les limiers du Central CID butent sur un obstacle majeur : où sont passés les placements de ces milliers d’investisseurs de la White Dot Int’l ? Pour l’instant, Arun Mossuddee, Sanjeev Lutchoomun et Beemul Bissessur se renvoient la balle avec des accusations réciproques sur au moins les Rs 700 millions, somme qui a été évoquée depuis l’éclatement de ce scandale. Un exercice d’Audit Trail dans le circuit bancaire, suite aux initiatives engagées par l’Assets Forfeiture Office de l’Office du Director of Public Prosecutions (DPP), devra apporter des éléments de réponse dans un avenir pas très lointain.
En fin de semaine, la décision a été prise en vue de procéder à un véritable sweep des proches des suspects soupçonnés de faire partie du réseau de “canvasseurs”. Après des membres de la famille Lutchoomun, jeudi après-midi, hier ce fut au tour de l’épouse de Beemul Bissessur d’être placée en état d’arrestation.
À hier après-midi, très peu de détails avaient transpiré quant aux faits qui sont reprochés à Meeta-Devi Bissessur. Celle-ci devra comparaître aujourd’hui devant la Bail and Remand Court pour son inculpation et la reconduction de sa détention policière.
Mise en garde
De son côté, le Central CID a fait émettre, par le truchement du Police Press and Public Relations Office, un communiqué pour confirmer l’information selon laquelle d’autres sociétés, et pas seulement White Dot Int’l et Sunkai Co Ltd, sont impliquées dans ces cas d’escroquerie. « Il existe d’autres compagnies suspectées d’escroquerie de la même nature », souligne la police, qui met en garde la population contre la tentation de tomber dans ces pièges.
« L’enquête policière se poursuit dans l’affaire White Dot Int’l Consultancy Ltd aussi bien que dans celle de Sunkai Co Ltd. Il s’avère que la liste des victimes présumées dans ces deux cas s’allonge. Il revient à tout un chacun d’être vigilant avant d’investir dans des projets faisant miroiter des profits mirobolants », avertit la police.
Pour sa part, la Banque de Maurice confirme qu’à midi, hier, plus de 1 100 victimes de ces cas d’arnaque financière avaient déposé des plaintes au Special Desk à la Bank of Mauritius Tower alors que plus de 550 appels téléphoniques, principalement de Mauriciens installés à l’étranger, ont sollicité la Banque Centrale par le truchement d’appels téléphoniques pour rapporter des cas contre des compagnies suspectes et opérant illégalement.
La Banque de Maurice affirme compiler des informations à partir des éléments d’informations fournis par les victimes « dans le but d’identifier les auteurs potentiels de ces arnaques et de mesurer l’ampleur de ces escroqueries présumées ». Un communiqué affiché sur le website de la Banque centrale souligne que « l’enquête en cours vise à cibler les abus potentiels du secteur bancaire et à identifier éventuellement la voie à suivre, en tandem avec d’autres instances régulatrices et les autorités policières, y compris les mesures correctives pour prévenir de telles escroqueries ».