En début de semaine, de nouveaux développements sont intervenus dans le cadre des enquêtes sur des cas d’arnaques financières, dont le préjudice pourrait atteindre les Rs 2 milliards. Ainsi, l’Asset Recovery Unit sous l’égide de l’Office of the Director of Public Prosecutions (DPP) a obtenu de la Cour suprême une série de Restraining Orders contre Marjorie Bazerque et ses différentes sociétés impliquées dans les cas d’arnaques financières dénoncés au Central CID. D’autre part, la directrice de Je T’Aime Marketing Ltd, et accusée d’escroquerie par le couple Chidambaram pour un montant de Rs 40 millions, est actuellement dans l’attente d’une décision de la Bail and Remand Court au sujet d’une Bail Motion pour sa remise en liberté provisoire. En marge de l’enquête du Central CID, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) a initié une série d’auditions des victimes des placements illicites dans une tentative d’établir de manière formelle l’envergure des arnaques financières. La Financial Intelligence Unit est actuellement en présence de dénonciations de compagnies agissant en tant que banques commerciales illégales.
Les Restraining Orders émis par le chef juge par intérim, Keshoe Parsad Matadeen, semblent la dernière de la série depuis l’éclatement du scandale financier au cours de la dernière semaine de mars. À ce jour, seuls les avoirs de Marjorie Bazerque et de ses compagnies n’avaient pas encore été assujettis par des ordres de la Cour suprême. Depuis le début de cette semaine, suite à des motions présentées par Me Motilall Lallah, Principal State Attorney affecté au DDP’s Office, 13 comptes bancaires touchant de près ou de loin Marjorie Bazerque ont été gelés formellement.
Trois comptes bancaires opérés par Gil-Mar Z Associates, ayant pour principal promoteur Gilberte Allet, le nom de jeune fille de Marjorie Bazerque, ont fait l’objet de Freezing Order par le chef juge suppléant. Les autres Restraining Orders portent sur six comptes bancaires au nom de Marjorie Bazerque dans quatre banques commerciales et quatre autres ouverts au nom de la compagnie Emidore Trading Co Ltd.
Le Central CID reproche à Marjorie Bazerque d’avoir escroqué pour au moins Rs 300 millions. Les victimes approchées auraient été convaincues du bien-fondé de l’argumentation élaborée à l’effet que leurs placements allaient rapporter gros en peu de temps avec des investissements dans des transactions de pierres précieuses, dont l’or et le diamant, ou encore les produits pétroliers. Mais les multiples séances d’interrogatoire de la suspecte n’ont pas permis aux limiers du Central CID de retracer le Money Trail.
En détention policière depuis la mi-avril, Marjorie Bazerque devra être fixée sur son sort demain. En effet, le magistrat siégeant à la Bail and Remand Court a fixé à demain la séance pour le Ruling au sujet de la motion de remise en liberté provisoire présentée en son nom. La directrice de Je T’Aime Marketing rejette catégoriquement les accusations d’escroquerie ou de détournement portées contre elle en affirmant qu’elle n’a rien à faire avec la gestion ou encore le portefeuille de placements d’Emidore Trading Co Ltd.
Après la première vague d’arrestations, le Central CID s’attaque à un autre volet de l’enquête, soit l’examen des mémoires des fichiers informatiques saisis lors des perquisitions effectuées dans les bureaux et domiciles des responsables des sociétés dénoncées. « À ce jour, nous sommes en présence d’informations qui ont été communiquées volontairement par les victimes ou encore celles obtenues lors des interrogatoires Under Warning des suspects. Mais les Hard Discs des ordinateurs recèlent d’autres informations encore plus cruciales pour une meilleure appréciation du système d’arnaques. Ce sera un exercice de longue haleine », fait-on comprendre, ce matin, dans les milieux officiels au QG du Central CID.
Entre-temps, l’ICAC, qui collabore avec le Central CID, a démarré une série d’interviews des clients de ces compagnies qui ont effectué des placements. « Ceux qui sont convoqués n’ont presque rien à craindre car ceux qui doivent être appréhendés et inculpés provisoirement l’ont déjà été par le Central CID », rassure-t-on du côté de l’ICAC.
Le but de cet exercice est d’établir de manière formelle l’envergure de la fraude en général. À ce jour, que ce soit du côté du Central CID ou encore de l’ICAC, il s’avère difficile de mettre un montant pour les arnaques financières même si dans ces mêmes milieux, l’on évoque le chiffre de Rs 2 milliards.
Dans un dernier développement, la FIU est en présence de dénonciations d’une dizaine de sociétés engagées dans le domaine du fret pour activités bancaires illégales. Le Whistle Blower, qui semble bien maîtriser les tenants et aboutissants de ce nouveau système d’arnaques financières, souligne que « huge sums of money are being lended to individual and companies (acting as a bank) for the purchase of goods abroad and at the time of payment currency are being calculated at Rs 2 or more above current bank rate. Two invoices are supplied to their clients, one for disbursement (representing purchases) and another for local charges ».
Les noms des compagnies engagées dans ces transactions illicites sont cités dans la lettre au directeur de la FIU en date du 28 mai dernier. L’auteur des dénonciations demande aux autorités concernées de procéder à un examen des transactions bancaires de ces sociétés pour mieux suivre le mouvement illégal de fonds.