Après une semaine d’enquête, dont l’interrogatoire du cerveau présumé Arun Mossuddee, 24 ans, dans l’arnaque financière de Rs 700 millions avec au moins 800 victimes, les limiers du Central CID ont réalisé un breakthrough. Ils ont obtenu la confirmation de la connexion avec l’étranger, plus particulièrement la piste de l’Afrique du Sud, dans le scandale de White Dot International Consultancy Limited. En effet, des contacts sont sur le point d’être établis avec Interpol en vue d’émettre des mandats d’arrêt à l’encontre de ressortissants sud-africains étroitement liés avec Arun Mossuddee. Lors d’une séance d’interrogatoire hier après-midi, Arun Mossuddee a consenti à restituer aux autorités une somme de Rs 35 millions aussi bien que des propriétés immobilières de luxe dans la région de Flic-en-Flac. En parallèle, l’enquête sur le scandale Sunkai Co Ltd, ayant débouché sur l’inculpation du couple Ramloll, dont l’épouse Bimla, voit l’ombre de Harry Sookun se profiler comme un des maillons du système mis sur pied.
Depuis le début de cette semaine, les hommes des ACP Pregassen Vuddamalay et Heman Jangi mettent les bouchées doubles pour confirmer des détails au sujet de l’Involvement de deux ressortissants sud-africains en tant que partenaires d’Arun Mossuddee pour les opérations financières de White Dot International Consultancy Limited avec les placements effectués par des Mauriciens. Si jusqu’ici, le trou dans les comptes de cette compagnie est estimé à plus de Rs 700 millions, il n’est pas à écarter qu’avec les activités de Ponzi Scheme, démarrant en 2008, le montant global des placements des clients aurait atteint le chiffre de Rs 2 milliards.
Avec son interrogatoire se déroulant en présence de son homme de loi, Me Roshi Bhadain, Arun Mossuddee a confirmé les noms de ces deux ressortissants d’Afrique du Sud, partenaires de premier plan. Le bureau d’Interpol à Maurice a été mis à contribution en vue d’établir avec la collaboration d’Interpol international les Whereabouts de ces Sud-Africains.
Il n’est pas à écarter que des mandats d’arrêt international soient émis contre eux car leurs interrogatoires par le Central CID s’avèrent être de nature cruciale en vue de déterminer les différents investissements effectués à partir des placements des clients. Les premiers exercices d’Audit Trail effectués dans le circuit bancaire local indiquent que des Rs 2 milliards collectés, seul un montant de Rs 130 millions a transité des comptes bancaires opérés au nom de White Dot International Consultancy Limited et ses filiales.
La confrontation entre les principaux suspects, soit Arun Mossuddee, Beemal Bissessur et Sanjeev Luchoomun, n’a pas permis aux enquêteurs de progresser par rapport aux conduits mis en place pour le « Siphoning of Funds ». « Chacun des trois suspects se renvoie la balle au sujet de l’argent et accusant l’autre de détournements de fonds au sein de la compagnie », apprend-on de sources policières bien informées.
Entre-temps, sous la pression des questions des enquêteurs, le principal suspect Mossuddee a pris l’engagement de retourner aux autorités la somme de Rs 35 millions, placée dans un compte bancaire personnel, de même que des propriétés immobilières de standing lui appartenant dans la région de Flic-en-Flac. Des démarches devaient être initiées formellement en vue de recouvrer ces « biens mal acquis » sous l’Assets Recovery Act. À cet effet, l’Assets Forfeiture Office, sous la responsabilité de l’adjoint au Directeur des Poursuites Publiques, Me Rashid Ahmine, travaille en étroite collaboration avec le Central CID sur ce volet du scandale White Dot International Consultancy.
Par ailleurs, une nouvelle perquisition effectuée au domicile de Beemal Bissessur en cours d’après-midi d’hier n’a permis à la police que de récupérer la somme de Rs 297 000. Aucun autre document bancaire compromettant n’a pu être retracé lors de cet exercice chez ce suspect, qui a retenu les services de Me Rama Valayden.
La saisie de voitures et de motocyclettes, utilisées pour la distribution de pizza de La Napoletana se poursuit. Jusqu’à hier, pas moins d’une soixantaine de voitures littéralement neuves sont concernées alors que les fichiers d’enregistrement de la National Transport Authority (NTA) est toujours en cours pour confirmer la flotte.
Les limiers du Central CID sont actuellement à la recherche de documents comptables sur les audits entrepris par des bureaux d’études sur les opérations de White Dort International et des dix-huit autres compagnies de Mossuddee et consorts. Avec la liste des clients ayant investi des sommes entre Rs 50 000 et Rs 68 millions dans un cas spécifique, des instructions ont été émises pour identifier tous les clients avec plus de Rs 500 000 placées en leurs noms à des fins de poursuites pénales.
Cette catégorie de clients, qui sera interrogée au préalable par les autorités, devra subséquemment être inculpée pour des délits de Money Laundering sous la Financial and Anti-Money Laundering act. Le Mauricien n’a pu obtenir confirmation si le magistrat, dont le nom figure parmi les clients de White Dot International Consultancy Limited, se trouve parmi ceux ayant placé plus de Rs 500 000.
Une autre nouvelle piste d’enquête du Central CID est axée sur la chasse des « Canvassers » pour convaincre des clients à investir dans ce Ponzi Scheme. Parmi ces « Canvassers » se trouvent bon nombre de membres de la force policière de différents grades de même que des fonctionnaires, qui avaient cru pouvoir arrondir leurs fins de mois avec ces démarchages. Ils courent le risque d’être inculpés de complicité dans cette fraude massive.
Ainsi, au QG du Central CID, l’on se prépare à procéder à une nouvelle vague d’arrestations aussitôt la première étape de l’interrogatoire des trois principaux suspects passée.