Farook Gopaul, Feroze Khodabacus, Dharmen Appaddoo et Soobash Hurree ont été arrêtés le lundi 13 mai alors qu’ils manifestaient sur l’autoroute à Pailles afin de dénoncer « les mauvaises infrastructures » de cette région. « La police nous a arrêtés sans même nous dire le délit que nous avions commis. Après plus de cinq heures, nous avons su pourquoi nous étions au poste de police. Nous avons été traités comme des criminels », soutient Dharmen Appadoo au Mauricien.
Les quatre manifestants sont soutenus par le Regrupman Travayer Social, dirigé par Eddy Sadien. Ils dénoncent la façon dont ils ont été traités lors de leur arrestation.
Le lundi 13 mai, deux d’entre eux avaient pris place vers 9 heures sur le flyover devant l’entrepôt de Mayflower sur l’autoroute afin, disent-ils, de sensibiliser le public, surtout les automobilistes, à la « mauvaise qualité des infrastructures dans cette région ». Munis de banderoles où l’on pouvait lire « MPI, TMRSU, la honte nationale », ils ont voulu dénoncer l’indifférence et l’incompétence des autorités par rapport à plusieurs problèmes dans la région.
« En tant que citoyen vivant dans un pays de droit, nous avons la liberté d’expression et justement ce jour-là, nous voulions dénoncer plusieurs choses », soutient Soobash Hurree. Selon le travailleur social, l’arrêt d’autobus à Grande-Rivière avait été déplacé à un autre endroit et il a fallu attendre qu’il y ait un mort pour que les autorités agissent. De plus, indique M. Hurree, « cela fait très longtemps que nous attirons l’attention des autorités sur le fait que l’underground se trouvant sur l’autoroute à Pailles n’est pas éclairé et représente un grand danger pour les passants ».
Ainsi, le lundi 13 mai, Farook Gopaul, Feroze Khodabacus, Soobash Hurree étaient trois à manifester alors que Dharmen Appaddoo prenait lui des photos. Selon ce dernier, la police les aurait approchés et a arrêté deux entre eux. « Lapolis pann dir nou nanyen, zot nek dir nous bizin vinn stasion enn kou. » Ils sont alors conduits au poste de Pailles. En y arrivant, raconte Dharmen Appadoo, « nous sommes restés plus de cinq heures assis dans un coin sans que les policiers ne nous disent quoi que ce soit ». « Nous ne savions même pas pour quel délit nous avions été arrêtés », dit-il.
Or poursuit Dharmen Appadoo, ce n’est que vers 14 h, « peu avant l’arrivée de nos avocats que les policiers nous ont informés que nous avions été arrêtés sous une charge de “defacing road” ». « Lorsqu’ils ont vu qu’ils ne pouvaient pas nous arrêter pour illegal gathering, ils nous ont collés une autre accusation sur le dos », s’insurgent les manifestants.
Eddy Sadien soutient pour sa part qu’il s’agit d’une « arrestation arbitraire », car, dit-il, les droits fondamentaux de ces personnes ont été bafoués le jour de leur l’arrestation. Selon le porte-parole, la police leur aurait fait comprendre de manière brutale qu’ils n’avaient pas le droit de manifester. Ils auraient même été privés du droit d’utiliser leur téléphone afin de contacter leur homme de loi. « Ils ont été arrêtés le matin et ce n’est que vers 14 h lorsqu’on a pu faire les démarches pour contacter les avocats qu’ils ont eu à manger. C’est inacceptable », s’insurge M. Sadien. Il dit par ailleurs craindre que tout citoyen qui voudra manifester pour obtenir ses droits, ne se retrouve dans la même situation. Et d’ajouter : « C’est bien grave ce qui se passe à Maurice. Alors que le Premier ministre soutient que personne dans ce pays n’a jusqu’ici été victime de représailles pour avoir dit la vérité, le gouvernement, lui, intimide ceux qui veulent faire entendre leur voix », fait remarquer M. Sadien.
Ces travailleurs sociaux ne comptent pas baisser pour autant baisser les bras face à cette situation. Ils ont signifié leur intention d’alerter l’opinion internationale à ce sujet.