Ce que l’on craignait est arrivé. Après le choc du milliard de roupies de pertes du transporteur national, le secteur touristique vient de prendre un deuxième coup dur en ce premier trimestre de l’année. Les chiffres des arrivées touristiques montrent depuis janvier une stagnation de croissance. Depuis plusieurs semaines, certains hôteliers avaient d’ailleurs prévenu que les réservations pour le premier trimestre n’étaient « pas formidables ». Les chiffres officiels leur donnent maintenant raison.

0% de croissance pour le mois de février, avec 115 613 visiteurs, soit le même niveau qu’en février 2018. Pour la croissance cumulée depuis janvier, donc sur deux mois, là encore les arrivées touristiques n’ont quasiment pas bougé – seulement de 0,6%. Les opérateurs touristiques font la grise mine. À croire certains d’entre eux, « il ne faudra pas compter sur le gouvernement pour agir efficacement » cette année et tenter de redresser la barre, car « il sera plus préoccupé à refaire son image en prévision des prochaines élections ». 

En attendant, le marché chinois continue de péricliter. Il a reculé de 29,2% pour les deux premiers mois de l’année, avec 9 860 visiteurs, contre 13 921 pour la même période en 2018. Rien que pour le mois de février, les arrivées des Chinois ont dégringolé de 39,4%, passant à 5 938, contre 9 806. « Cela fait vraiment de la peine qu’on soit encore à réfléchir sur les raisons de cette baisse depuis plusieurs mois, alors qu’on aurait déjà dû avoir pris des mesures fortes pour endiguer ce recul », commente un tour-opérateur.

Concernant le principal marché touristique émetteur pour Maurice, la France, il stagne avec une très faible croissance de 0,7% depuis janvier. Quelque 59 159 visiteurs français en deux mois, contre 58 769 pour la même période de l’année dernière. Le Royaume-Uni, lui, chute de 6,3%, avec 17 805 arrivées, contre 19 012 pour la même période de 2018. Le marché réunionnais est également en baisse (-12,9%) pour les mois cumulés de janvier et février. Seule l’Allemagne réalise une bonne performance, avec une progression de 10,6%.