Le professeur de danse orientale Latifa Saadi propose une présentation des danses du monde arabe ce week-end sous forme de sessions d’une heure limitées à 25 participants. Ces démonstrations gratuites se déroulent à Mesnil dans les nouveaux locaux de l’Art Academy à laquelle l’artiste installée à La Réunion s’est associée.
Professeure et chorégraphe, Latifa Saadi monte régulièrement des spectacles sur les scènes de l’île soeur. Elle y dirige une école de danse orientale depuis 15 ans, y dispensant des cours réguliers à travers toute l’île, avec le soutien de ses assistantes.
Son école a obtenu le premier prix au concours de danse nationale à quatre reprises en 2004, 2006, 2010 et 2011 grâce à sa pédagogie originale.
Dans ses créations, Latifa Saadi laisse libre cours à son effervescence chorégraphique en mêlant les danses traditionnelles, le folklore, la danse classique orientale, avec des traditions venues d’ailleurs comme la salsa, le tango, le flamenco ou encore avec des danses et instruments modernes.
Estimant l’expression « danse du ventre » bien trop réductrice pour qualifier son art, la chorégraphe préfère parler des danses du monde arabe, le Raqs al sharki, danse millénaire pratiquée au Moyen-Orient, en Turquie et au Maghreb. En l’absence de sources avérées, on suppose que ses origines sont liées à des rites de fertilité associés à la religion et à certaines pratiques ésotériques. Elle s’est particulièrement développée au 10e siècle en Égypte sous l’influence d’une population venue de l’Inde.
La danse orientale est traditionnellement pratiquée par les femmes, qui expriment ainsi leur féminité, leur vitalité, leurs joies et leurs peines. Son style diffère selon les pays d’origine et au gré des fusions et influences d’autres danses qu’elle peut croiser. Elle se reconnaît généralement à la dissociation des parties du corps, qui bougent indépendamment l’une de l’autre, sur des rythmes tantôt extrêmement saccadés tantôt tout en fluidité. Elle ne se limite pas aux mouvements du bassin, mais sollicite en réalité tout autant le buste, les épaules, les bras, les mains et le ventre. Elle tonifie les cuisses, assouplit les articulations, développe les abdominaux et entretient le dos.
Les danseuses utilisent parfois des accessoires, dont le voile, les ailes d’Isis (voile plissé), l’éventail à plumes, une canne, un Melaya Leff qui est une grande étoffe brodée et pailletée… Le costume deux pièces garni de pierres et broderies que l’on connaît aujourd’hui a été créé lorsque la danse orientale est apparue en Europe et aux États-Unis dans les années 1930. Ce développement inattendu a aussi amené des déviations et interprétations particulièrement sexistes qui n’avaient plus rien à voir avec le sens originel de cette danse que Latifa Saadi se propose de faire découvrir.
Renseignements au 697 2004