Travail de mémoire, propositions actuelles, Histoire, innovation : ce sont quelques-uns des fils conducteurs du Festival d’art contemporain international vidéo Brésil, à Säuo Paulo. Les travaux d’artistes primés à la 17e édition de ce festival sont visibles à la galerie d’art du MGI à Moka. L’exposition est intitulée « Panoramas do sul ». Solange Oliveira Farkas est la présidente de l’association Vidéobrasil et conservateur de musée. Pionnière en la matière, elle nous parle de l’art vidéo et de ses liens avec les arts visuels. De passage à Maurice, Solange Farkas livre ses réflexions sur la mise en lumière des travaux des artistes du Sud et de leur exploitation du médium vidéo.
Il y a 27 ans, le mouvement, les images, les initiatives audacieuses, l’imagination débordante d’une activité naissante au Brésil. Il fallait, nous dit Solange Farkas, assimiler ces nouveautés capables de transporter l’art vers de nouveaux horizons. Les artistes Brésiliens se sont d’abord appropriés le nouvel outil pour s’exprimer. Solange Farkas est aussi journaliste, issue d’une famille de cinéastes. Son rêve est d’encourager les artistes à développer des idées sur l’art à travers la vidéo. C’est ainsi qu’elle a créé « l’International Contemporary Art Festival SESC-Videobrasil » un festival devenu une référence en matière d’une production artistique qui ne soit pas eurocentrée. Solange nous dit que les dix premières années du festival ont été un temps d’éclairage novateur et d’observation de l’entrée de la vidéo dans l’art (How people feel about vidéo, encourage people to this art system). Il y a eu une deuxième phase où le festival a été ouvert aux artistes internationaux avec des résidences et des causeries sur le nouveau médium. La vidéo a contaminé en quelque sorte les autres médiums (gravure, sculpture, peinture, installations). Il s’agit d’un travail expérimental, déclare Solange, avec des artistes comme Eder Santos qui ont travaillé l’art vidéo pour être montré dans les galeries. Solange insiste sur la dimension poétique de ce travail, mais aussi sa dimension mémorielle. Il y a aussi ce travail qui consiste à réunir l’espace intérieur et l’espace extérieur de l’homme. Tout repose sur l’émotion ressentie. Solange parle de « vidéo poems ». Elle ajoute que les artistes représentent le monde à travers leurs travaux et ouvrent des fenêtres sur ce monde.
Ce qui est différent aujourd’hui, c’est que les artistes doivent mélanger différents médiums. « You don’t need anymore to make different categories… » dit la responsable de Viéobrasil. Elle fait ressortir que certains artistes comme Krishna Luchoomun exploitent déjà différents médiums, « to potentialise their works ».
Concernant le festival qu’elle a créé, Solange Farkas dit que c’est une grande manifestation destinée à la jeune génération d’artistes pour provoquer le transit des cultures. « My mission is to put light on Mauritius, South Asia, etc…to put light on this reality, not on the european way… » déclare Solange. Elle s’intéresse aux aspects culturels des pays du Sud. Elle trouve qu’il y a une richesse et une nouveauté dans l’apport de ces pays.
Solange déclare au sujet de l’exposition qui se tient au MGI : « The exhibition reflects a new generation of artworks outside the mainstream art scene… » Elle considère que les choses les plus importantes dans ces vidéos sont les différents messages, l’expérience des artistes, les notions d’identité, les aspects politiques, etc. Solange souhaite que les artistes continuent dans cette voie pour un art où va s’élaborer une vision nouvelle, pour le plaisir du visiteur et son information.