Se rendre au studio de tatouage de Ricardo Barbe, artiste qui revisite le « body art », c’est une occasion de croiser une clientèle hétéroclite, moitié « gothic », moitié jeunes passionnés de tatouage. C’est un mélange de personnes de tous âges désireux de recouvrir leur corps d’une seconde peau. Car aujourd’hui, le tatouage couvre une grande partie du corps (bras entiers, dos, buste). On est loin des interdits, apanage des « mauvais garçons » qui se marquaient pour se rappeler une « ancienne vie ». Le tatouage, art corporel, que pratique Rick, qu’il soit un trait élégant de sourcils de femme, un signe de deuil, un signe distinctif, le tatouage est une passion qui a augmenté considérablement, selon Ricardo. Les vagues, les cascades, le motif tribal, les mandalas sont en vogue.
Si certains hésitent encore, d’autres, plus audacieux, se lancent, à l’instar de Valérie, venue spécialement de Madagascar pour se faire orner le dos de mandalas : « Je viens pour première fois ici me faire tatouer le dos. J’ai trouvé ce qui s’adapte le mieux pour relier différents tatouages… » Le tatouage pour elle est un compagnon « qu’on garde toute sa vie ». Elle a commencé à se faire tatouer à l’âge de 14 ans. Les premiers ont été réalisés pour suivre la mode, s’extérioriser. Derrière elle, Rick s’applique avec son dermographe à faire des pointillés, des motifs dégradés, à créer des ombres. Là où il intervient, c’est la rigueur du trait qui domine. Ce passionné du tatouage, formé à l’école des beaux-arts de l’Institut Mahatma Gandhi, a derrière lui plus de quinze ans de métier. Il aime le dessin et pense que le tatouage peut offrir au mon corps une « oeuvre d’art ». Depuis deux jours, il a commencé le tatouage de Valérie. Il lui a fallu deux heures pour placer le dessin. Sa cliente l’a contacté via internet parce qu’elle a trouvé dans son travail une finesse dans les détails. Sur le dos de celle-ci, les contours d’un mandala prend vie. En sanskrit, mandala veut dire le « cercle », la « sphère », la « communauté ». Il est présent dans la culture hindoue, on le retrouve aussi chez les bouddhistes où il est utilisé pour méditer. Le mandala est populaire de nos jours pour ceux qui sont à la recherche de spiritualité. Il n’est pas seulement décoratif, mais contribue au développement personnel. « On se crée le corps que l’on veut selon notre histoire… c’est un voyage en souvenir des pays que j’ai visités… ». Mais pour Valérie, il ne faut pas faire n’importe quoi « toucher à des cultures », ou à certaines parties du corps comme le visage, ce qui entraînerait, selon elle, une modification de la personnalité. Au-delà de l’esthétique, elle nous parle aussi du tatouage comme « pansement » après un deuil ou une aide psychologique. En tant que tatoueur Ricardo Barbe affectionne un certain style graphique proche du réalisme. Il est très éclectique et, finalement, ses créations sont uniques. Rick se décrit comme « au service de ses clients ou clientes ». Sa palette est complexe. Il y a des dégradés, des ombres et des nuances qui exigent une bonne connaissance graphique et une parfaite maîtrise technique. Le tatoueur nous dit que sa formation en art lui a permis de mieux affiner le trait. Depuis deux jours c’est un mandala qu’il s’applique à colorier comme si c’était une manière de se détendre en réalisant le motif que sa cliente a tant recherché.
Studio d’art corporel à Beau-Bassin. Renseignez-vous avant de marquer votre peau à vie. Conseils gratuits et accompagnement sur le 57521367 ou la page Facebook : Rick Tattoo Studio Maurice.