Dans son studio d`art corporel à Beau-Bassin, Ricardo Barbe, artiste renouvelle le « body art » en s’inspirant des tendances actuelles. Ce passionné du tatouage, formé à l’école des beaux arts de l’Institut Mahatma Gandhi, a derrière lui plus de quatorze ans de métier. Il est aussi passé par le studio de Alex Nardina en Italie où il a pu perfectionner son art et côtoyer d’autres tatoueurs. Ricardo Barbe profite de notre rencontre pour rappeler avant tout les règles d’hygiène et de déontologie de la profession. Son tatouage artistique s’inspire beaucoup du graphisme et de l’art moderne. Fini les ancres tatouées sur les bras, les têtes de mort et autres coeurs transpercés de flèches. C’est la beauté du signe et l’impact visuel qui importe. Ricardo travaille plusieurs styles de tatouages. Il a une préférence pour un style inspiré du tatouage japonais et autres motifs exprimant la féminité ou l’individualité. Certains préjugés sont tombés : la vue de d’un bras, d’un dos ou d’un mollet tatoué est devenue plus populaire que jamais. Mais il existe d’autres préjugés reliés aux tatouages. En témoignent les parties du cachées du corps où l’on se fait tatouer, les tatous discrets, etc. Tous les jours, notre artiste, aidé de son assistante accueille les clients, donne des conseils et surtout les accompagne dans toutes les étapes du tatouage. Ricardo nous parle du profil des tatoués : ce sont des personnes de 18 à 77 ans (hommes et femmes). Aujourd’hui, se faire tatouer est devenu chose du commun. Au-delà de l’âge, du style ou du mode vie, les tatouages sont de plus en plus demandés. Les demandes les plus fréquentes sont des dessins personnels, des symboles, des noms. Mais outre le dessin, Rick fait ressortir l’importance de la qualité, l’originalité, ce que le tatouage dégage, ce qu’il représente et comment il est porté par la personne qui décide de marquer ou de transformer sa peau à jamais. Il fait ressortir que chaque tatouage est une oeuvre unique. Les motivations ne sont pas toujours pour se distinguer mais aussi d’ordre esthétique comme lorsqu’une femme décide de se faire redessiner les sourcils à l’encre.
«Pour les gens aujourd’hui, il faut que ça ait un impact immédiat, que ça saute à l’oeil. On se distingue par ses tatous, ses dessins, ses vêtements qui indiquent un style. Un tatou, ça fait réagir tout de suite et c’est ça que les gens recherchent en se faisant tatouer mais à la base il y a la notion artistique. On peut y mettre des couleurs, du mouvement et des formes ombragées …» fait ressortir Rick.
Forme d’expression, on s’approprie un tatouage non plus de manière décorative mais en fonction d’un état d’esprit : affirmer un style, effacer une cicatrice, remodeler un partie du corps ou l’améliorer. Cette modification du corps est un acte personnel même si le regard des autres peut être accusateur. Le but est de marquer sa peau en fonction d’un intérêt quelconque. Il n’y a pas de partie spécifique du corps que les clients veulent marquer. L’idée derrière leur démarche c’est le graphisme. Si des personnalités célèbres ont contribué à populariser l’art du tatouage, il n’en reste pas moins que les motivations demeurent personnelles avec des dimensions fortes. Que ce soit pour des raisons symboliques, religieuses, ou esthétiques, chez Rick c’est bien l’art corporel qui est valorisé.