“Victoire de l’Art mauricien” est le thème choisi par Denis Stellio, spécialisé en découpage sur verre, pour sa première exposition, tenue au Musée de Port-Louis jusqu’au samedi 1er août. À travers ses oeuvres, au nombre de 29, l’artiste veut faire découvrir le concept de l’art tribal adapté à la culture mauricienne.
La première exposition de Denis Stellio a été inaugurée lundi après-midi en présence du ministre des Arts et de la Culture, Santaram Baboo. L’artiste, à travers ses oeuvres, veut mettre en avant le patrimoine culturel mauricien. En effet, ses 29 tableaux de verre représentent notamment des dodos, des fleurs et des coquillages, bref la nature mauricienne avec le style caractéristique de l’art tribal. Sa créativité, il l’exprime à travers le découpage sur verre, une approche saluée par le ministre des Arts et de la Culture lors de l’inauguration lundi. Santaram Baboo qualifie ces oeuvres de « kaléidoscopes fascinants de l’art visuel contemporain ». Il a également souligné « l’importance d’exprimer la créativité et de fournir aux artistes les infrastructures nécessaires pour répondre aux besoins de ces derniers ».
Les tableaux de Denis Stellio ont recours au style abstrait de l’art tribal pour représenter la nature. On y retrouve le dodo de manière récurrente, vu la portée symbolique de cet animal endémique. L’on retrouve aussi des représentations de la faune et la flore locale. Pour ce qui est de la technique, Denis Stellio a utilisé principalement du verre teinté qu’il retravaille à sa façon tout en utilisant des autocollants pour donner de la vie à ses tableaux en y ajoutant de la couleur, le doré. Ses matériaux viennent principalement d’Amérique. Denis Stellio peut donner vie à un tableau en vingt minutes.
Âgé de 36 ans, Denis Stellio est un artiste dans l’âme que beaucoup connaissent notamment en tant qu’auteur, animateur et tatoueur… À travers son exposition, « c’est un nouveau style, un nouvel art » qu’il cherche à faire découvrir aux Mauriciens. Fervent croyant, il affirme que tout le mérite revient à Dieu, car « c’est de lui seul que me vient mon inspiration ». Un rêve d’enfant qui deviendrait réalité pour l’artiste qui laisse entendre que cette exposition serait « le début d’une histoire sans fin pour mes oeuvres ». Dans son élan, Denis Stellio a tenu à appeler le gouvernement à veiller à ce que les artistes soient reconnus à leur juste valeur en promulguant des lois qui les protègent. « Il n’y a aucune loi protégeant les artistes à Maurice, si cela continue, il n’y aura plus aucun artiste à l’oeuvre », explique l’artiste qui après s’être fait « rejeter par la National Art Gallery ».
L’artiste explique par ailleurs que ses prochaines oeuvres se feront sur du bois et sur de la toile et que chacune de ses expositions évoquera un thème différent. En sus, il rêve d’ouvrir sa propre galerie d’art, où il pourra exposer son travail et le faire connaître aussi bien au niveau local qu’international. Il tient de ce pas à encourager les artistes mauriciens à ne pas hésiter à s’afficher et à se faire connaître. « Nous les artistes on peut innover, être créatif, car on a du potentiel », assure-t-il.
L’artiste met également ses tableaux en vente, leur valeur allant de Rs 3 000 à Rs 10 000. Son expo-vente se tiendra jusqu’au samedi 1er août.