L’Atelier, situé rue St-Louis, Port-Louis, accueille du 18 et 25 juillet prochains, 20 huiles de l’artiste indien Asokan Nanniyode, dont une partie ont été réalisées à Albion, où il loge durant son séjour.
Des galets peints et tissés pour former le corps d’une femme allongée sur une plage, elle-même faite de cette matière, comme un prolongement de ce corps qui descend ensuite en profondeur sous une eau claire. Des feuilles de couleur verte aux multiples nuances prenant la forme du corps de la femme qui médite dans un environnement naturel constitué des mêmes plantes, une série sur le bouddha en posture méditative inscrite dans un paysage tropical, sont quelques toiles qui permettront au public mauricien de découvrir la particularité du style d’Asokan Nanniyode qui pourrait être qualifié de tantrique. « Je m’inspire de la nature. Je m’imprègne de son énergie et puis à un moment donné, il y a un genre de libération qui se produit. Et je la mets sur la toile », affirme l’artiste au Mauricien qui le rencontrait la semaine dernière dans son atelier à Albion. Il travaillait à ce moment-là sur le buste d’une personne en s’inspirant des racines des multipliants imbriquées les unes aux autres pour former les muscles, les lèvres, le nez, les yeux…
L’artiste affirme qu’il n’a pas d’image préconçue en tête mais avance sur le tissu en fonction de ce qu’il ressent sur le moment. « It may take a long time to complete one painting, but I enjoy it. I take my time. It is more spiritual. It is the inner feeling that is expressed », dit-il.
Originaire de Trivandrum de l’État du Kerala, Asokan Nanniyode a fait des expériences spirituels depuis son adolescence. « À l’âge de 15 ans, raconte-il, je me suis retiré dans un ashram au fin fond de la forêt et c’est là que parallèlement à ma vie spirituelle, j’ai été initié à l’art tantrique par mon guru qui était d’origine belge. Mon art est une manière d’explorer l’inconscience humaine. »
Il vivra jusqu’à l’âge de 21 ans dans cet ashram avant de retourner en ville. L’artiste, âgé de 46 ans aujourd’hui, participe à des expositions à travers le monde. « Je peux vivre de mon art », affirme-t-il, tout en précisant que sa vie est très simple. « Je vis au jour le jour. Si c’est simplement pour pouvoir manger et avoir un lieu où dormir, je dis oui, je peux vivre de mon art. Souvent dans la vie, on a tendance à créer des besoins et là, ça peut être difficile de vivre de son art. Mais lorsqu’on vit avec la nature, non », indique celui qui a renoncé au luxe, au Mauricien. Asokan Nanniyode vend la plupart de ses travaux aux touristes, initient les enfants à l’art. « I learn lots of things from children », dit-il, en indiquant qu’il visite toujours des écoles lorsqu’il est dans un pays étranger. « Les enfants sont le reflet d’un pays », ajoute-t-il.
Asokan Nanniyode a fait des démonstrations d’art dans deux écoles primaires locales. Depuis son arrivée à Maurice, il en a fait une série sur le bouddha. Il indique travailler par période. « À un certain moment, je peignais beaucoup le corps de la femme en agençant des galets. J’en ai fait toute une série. Ensuite, c’était à partir des feuilles. » D’Albion, il s’est imprégné de sa lumière changeante au gré du temps et de son effet sur le lagon. « Je n’ai pas fait beaucoup de tableaux inspirés d’Albion. Pas encore. Mais cela viendra. J’en ferai alors une série », affirme-t-il au Mauricien. Un des objectifs d’Asokan en acceptant l’invitation des amis pour venir à Maurice était de s’inspirer du paysage local.
Le vernissage de l’exposition est prévu ce jeudi à l’Atelier. L’exposition restera ouverte jusqu’au 25 juillet.