L’association TIPA propose son septième festival « Art’la li la » dimanche 2 août, de 10 h à 15 h à l’école gouvernementale Guy Rozemont, à Tranquebar. Depuis sept ans, les parents des élèves bénéficiaires de TIPA constituent le premier public de ce rendez-vous qu’animent enfants, enseignants et artistes, avec de nombreux bénévoles. Cette fois-ci, un certain nombre d’entre eux ne seront plus seulement spectateurs mais également actifs auprès des enfants.
« Nous voulons encourager les parents à s’impliquer davantage dans l’éducation de leurs enfants », explique volontiers Camille Sénèque, coordinatrice chez TIPA, cette organisation qui entend « valoriser les enfants vulnérables afin qu’ils deviennent des citoyens actifs dans la société mauricienne, en favorisant leur développement à travers la pédagogie interactive et l’éducation à l’art et la culture ».
Le festival Art’la li la marque une étape importante dans l’année scolaire en consolidant les liens entre tous les participants aux classes de créativité, et en ouvrant l’école à la communauté scolaire et la localité. Il permet aux enfants de montrer à un large public ce qu’ils ont appris à créer jusqu’ici, de socialiser et ce faisant de renforcer leur estime de soi. Aussi rencontrent-ils à cette occasion les artistes mauriciens qui viennent exceptionnellement en renfort pour cette journée. Cette année, Tipa met particulièrement l’emphase sur le rôle des parents dans l’éducation de leurs enfants et les incite à cette fin à participer aux ateliers. Un Club des Parents a d’ailleurs été mis en place, notamment pour proposer lors du festival un atelier d’art pour parents et enfants sur le thème de la famille.
Les travaux plastiques des enfants de Std 1 à 3 ainsi que ceux réalisés par le club des parents vont être exposés. En matière de spectacle vivant, les élèves de Std 4 à 6 ainsi que ceux des classes préprimaires feront du théâtre, tandis que l’artiste de la localité Louis Perle donnera un concert. Et de multiples ateliers — recyclage, conte, modelage, musique, collage et expression corporelle — vont être proposés par toute une kyrielle d’artistes bénévoles tels que Nathalie Jauffret-Rezannah, le slameur Jamel Colin, le sculpteur Jacques Henri Dick, les musiciens de Lespri Ravann, le comédien et chanteur Yannick Gérie, le bijoutier Ravi Jetshan, le dessinateur Evan Sohun…
Pédagogie active
Tipa ne symbolise pas seulement ces « petits pas » qu’accomplissent les enfants vers leur propre réalisation. Son sigle définit aussi la mission de l’organisation dans des termes plus explicites : Terrain for interactive pedagogy through arts. Toujours en collaboration avec le ministère de l’Éducation, elle intervient depuis 2007 dans les écoles ZEP auprès des enseignants et des élèves. Cette année, elle touche environ 380 enfants dans les écoles gouvernementales, Guy Rozemont à Tranquebar et Vallijee.
L’objectif des classes de créativité qu’elle organise n’est pas de faire de ces enfants des artistes mais de se servir des ressources de l’expression artistique, pour les aider à s’épanouir et à s’approprier les valeurs citoyennes telles que la coopération, la participation, le respect d’autrui, le respect des règlements, etc. Rowin Narraidoo et Christelle Gopaul animent ces séances hebdomadaires en collaboration avec les enseignants, en ayant recours au théâtre et aux arts plastiques. Mots-clés de la démarche, la pédagogie interactive consiste à prendre en compte et encourager constamment les échanges qui se produisent entre enfants, artistes et pédagogues. Actif, l’enfant est partie prenante de son apprentissage, et de ce fait, il assimile mieux et devient beaucoup plus inventif et entreprenant.