Raja Soorana, jeune artiste digital, explore l’art issu des nouvelles technologies et travaille à partir du postulat que l’idée, le concept peuvent être des oeuvres. Ses références se trouvent dans l’image de synthèse et la réalité virtuelle. Influencé par des designers tels Daniel Simon Sydney Jay Meadet, Soorana aime la création de décors fantaisistes. Daniel Simon est un designer allemand, qui vit à Los Angeles, connu pour ses recherches et dessins conceptuels. Sydney Jay Meadet, lui, est qualifié de « visual futurist » et de « concept artist ». Il est très connu pour ses travaux dans des films de science-fiction comme Blade Runner, Aliens et Tron.
Donc, en amont de la création numérique, il y a chez Raja Soorana la fascination de ces films de science-fiction et la fascination pour les utopies, les engins, etc. Aujourd’hui, Raja tente d’appliquer cette esthétique dans son travail. Certains travaux reproduisent des effets d’optique. Raja nous explique que les effets esthétiques dans ses travaux ne sont pas obtenus à l’aide de techniques traditionnelles (peinture à l’huile, aquarelle, etc) mais par les outils que procurent l’ordinateur. L’artiste du numérique, de l’hybridation ou de la simulation, travaille à partir de différents programmes, logiciels pour obtenir l’effet des techniques traditionnelles. Raja utilise des logiciels tels Corel Painter, Adobe Photoshop, ArtRage, GIMP, Krita et Open Canvas pour se mettre dans le même environnement qu’un artiste traditionnel. Il faut dire que l’ordinateur offre une multitude de palettes et d’outils qui remplacent le pinceau. Ceci dit, l’art numérique entre en jeu dans la production, le design conceptuel pour les films et les jeux vidéos. Raja Soorana travaille comme designer de jeu vidéo, ou crée des animations, des décors, des personnages et des interfaces de jeu. Ce jeune artiste utilise les images numérisées, l’animation, les performances interactives comme un langage qui se cherche. On se souvient de ses installations et surtout de sa vidéo nourrie de la confrontation entre le mécanique et la vie humaine lors de l »exposition Renaissance à l’IFM l’année dernière. Sa vidéo montrait la disparition de l’homme sur terre et la récupération des matières organiques par des « aliens ». Déjà, l’utilisation de la toile pour un récit formulé. Brouillant les perceptions du temps, incarner dans des objets ce qui ne s’appréhende pas pour permettre une compréhension du monde : les nouvelles technologies permettent aujourd’hui cette hybridation. Comment générer, fabriquer et représenter avec le numérique ? Pour donner à voir au public la révolution contemporaine des processus numériques, Raja nous explique son approche technologique et esthétique. Il travaille à partir d’une tablette : « Je dessine souvent et applique les couleurs directement sur un calque unique sur photoshop. Parfois, je travaille à partir d’un dessin au cayon qui va être scanné pour être colorisé sur photoshop en utilisant plusieurs calques pour les ombres, les lumières ou le décor. Ça peu être une image modélisée sur un logiciel 3D qui serra retouchée sur photoshop. » Le résultat : Zeus émergeant des flots, « Futuristic idea for Zeus as a space ship model space destroyer », Slider race et des projets pilotes sur lesquels l’artiste travaille actuellement. Ces travaux témoignent des questionnements et des expérimentations dans le domaine des nouvelles technologies mais aussi de l’innovation de l’artiste numérique. Dans les travaux que nous présentons ici, on trouve des idées complexes dans une interface ludique et interactive.