Le « batik sur papier » ou le water media est une technique relativement rare que l’artiste peintre Nadine Jeanneton a développée et peaufinée au fil du temps entre la période de ses examens de HSC, ses études tertiaires en beaux-arts et sa reprise en 2007.
Nadine Jeanneton comme beaucoup d’artistes aime découvrir et expérimenter de nouvelles techniques. C’est ainsi que pour l’exposition intercontinentale « Mail art » organisé par la Fondation inter-art Aiud de Roumanie en collaboration avec les Nations unies, elle s’est aventurée « à travailler de la résine et l’acrylique sur canevas pour donner l’effet des gouttes d’eau qui tombent ». Une expérimentation réussie, affirme-t-elle au Mauricien qui la rencontrait la semaine dernière en sa demeure à Rose-Belle.
Nadine Jeanneton affirme cependant que la technique qu’elle travaille le plus souvent c’est « le batik sur papier ». L’artiste a appris le batik lorsqu’elle était élève au secondaire. « Pour mon projet de HSC, j’ai fait le batik. J’ai beaucoup aimé la technique », dit-elle. Cependant, étant « impatiente de nature », elle n’a pas poursuivi dans cette voie. « Lors de mes études en Beaux-Arts au Mahatma Gandhi Institute (MGI), je devais présenter un projet original, j’ai pensé pourquoi ne pas appliquer la même technique sur papier », souligne notre interlocutrice. C’est ainsi qu’elle expérimente pour la première fois le batik sur papier. Après ses études, Mme Jeanneton prend de l’emploi comme enseignante d’art visuel au BPS avant de se joindre au collège St-Joseph.
Cependant, c’est bien plus tard, soit en 2007, qu’elle décide de se remettre au « batik sur papier » qui, selon elle, donne un effet relevant de « l’expressionnisme et l’impressionnisme ». Cette technique est aussi connue comme le « watermedia », développée notamment par des aquarellistes.
Nadine Jeanneton s’inspire des paysages. Elle travaille l’aquarelle sur du papier 300 gm et la bougie. « J’applique la même technique que sur le tissu avec la bougie sur les espaces que je souhaite garder blancs. Après avoir peint le dessin, j’enlève la bougie avec le fer à repasser ». Le rendu est net. L’impression dégagée situe le spectateur entre l’aquarelle et le batik. Un couché de soleil sur le lagon du Morne, Rochester Falls, Une maison coloniale… ou encore Un Volcan en irruption qui, sans l’explication de l’artiste, peut être vu comme un incendie de champ de cannes. Elle pousse aussi cette technique jusqu’à avoir un effet abstrait comme Les trois coupes qu’elle a peintes. N’ayant point d’atelier, l’artiste investit sa cuisine le temps de faire un tableau. « J’ai besoin du feu quand je travaille, donc, le meilleur endroit chez moi est ma cuisine », fait-elle ressortir.
Ancien membre de l’Association pour la créativité artistique, Mme Jeanneton a participé régulièrement à des expositions collectives dont le Salon d’été, organisé annuellement par la National Art Gallery (NAG), depuis quelques années. Ses travaux ont aussi été exposés à l’étranger, indique-t-elle. « Après mon premier solo en 2007, une amie m’avait parlé d’une exposition de l’ONU. » C’est ainsi qu’elle participe à sa première exposition aux Nations unies. L’année dernière, elle renouvelle l’expérience. Et cette année, la Fondation inter-art l’a contactée pour l’exposition Mail art, dont les travaux originaux sont exposés une nouvelle fois au siège des Nations unies, après sa rénovation. Le vernissage a eu lieu au mois de septembre.