L’un des quatre défis majeurs pour Maurice en 2014 demeure le besoin de “start reducing public debt through a smooth medium-term fiscal consolidation path”. Les trois autres commandements du FMI pour 2014 sont d’améliorer le mécanisme de transmission de la politique monétaire en éliminant les “excess reserves”, de poursuivre la politique de réformes du secteur public tout en assurant la protection des plus vulnérables de la société et de résoudre les défis de la productivité et de la compétitivité afin d’améliorer les perspectives de croissance économique pour le moyen terme.
Les dernières statistiques publiées sur le site web du ministère des Finances à la fin du mois dernier confirment que l’endettement public a augmenté de Rs 20 milliards en une année. Ainsi, à la fin de décembre dernier, la dette publique se montait à Rs 220 milliards, soit quelque Rs 170 000 par tête d’habitant.
Les principales composantes de la dette publique se déclinent comme suit : dette locale : Rs 162,2 milliards et dette étrangère : Rs 57,6 milliards avec le dernier item progressant de Rs 11 milliards de décembre 2012 à la période correspondante l’année dernière. La dette publique représente 60% du Produit Intérieur Brut (PIB) contre 57,9% en décembre 2012.
Réforme de la pension
Dans son analyse préliminaire de la situation, la mission Petri suggère que “given the need for medium-term debt reduction, staff would recommend a moderately restrictive fiscal stance in 2014 to initiate the required fiscal adjustment. The authorities’ medium-term fiscal consolidation plans are welcome to reduce external imbalances, mitigate debt vulnerabilities and rebuild fiscal buffers, but these efforts need to be strengthened to safely reach the 2018 debt law target (50% PIB)”.
La réforme de la pension revient également avec force à l’agenda établi par le FMI lors de ces consultations annuelles en soulignant dans le statement officiel rendu public mercredi que “pension reforms could promote national savings while better achieving social protection for the poor and the overall workforce”.
Les dernières statistiques officielles du ministère de la Santé tirent la sonnette d’alarme sur le problème du vieillissement de la population. Dans une quarantaine d’années, un Mauricien sur trois aura plus de 60 ans, soit 30,2%, alors qu’actuellement ce taux est de 12,3%. La mission du FMI soutient qu’une “réforme des pensions peut avoir des effets positifs sur le taux de l’épargne qui est actuellement à un niveau jugé bas. A well functioning pension system helps people to save for retirement. Le gouvernement pourrait considérer une hausse des contributions au Fonds National de Pension et proposer en conséquence une augmentation des bénéfices à la retraite”.
Le chef de mission du FMI a également commenté le budget de l’État réservé aux prestations sociales, considérées comme étant “déjà élevées” en faisant ressortir qu’avec “le vieillissement de la population, on doit s’attendre à ce qu’elles augmentent davantage. Il faut revoir ces prestations car elles ne bénéficient pas véritablement aux plus démunis de la société. Cette réforme est nécessaire dans une économie émergente comme Maurice et nous pensons qu’il y a room to redesign the system”.
La mission du FMI, qui mise sur un taux de croissance de 3,7% cette année, mise également sur l’importance de “renewed efforts to reach the goal of becoming a high-income economy”.