La dernière analyse du board du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des Article IV Consultations est loin de constituer un blanc-seing sur le plan de la gestion économique. Contrairement à la pratique des années précédentes, le FMI n’a pas encore publié sur son site web toute la série de documents, notamment le Staff Report, le Staff Statement ou encore le Public Information Notice on the Executive Board Discussions, passant en revue tous les paramètres économiques tenus en ligne de compte par la mission Martin Petri. Seul l’Executive Board Assessment est accessible depuis mercredi et le principal message décodé est que le FMI préconise un retour à la rigueur budgétaire dans la conjoncture. L’évolution du taux de change de la roupie mauricienne fait également l’objet de commentaires dans un souci d’améliorer la compétitivité des exportations mauriciennes et de redresser le problème structurel du déficit des comptes courants.
L’essentiel de ce document du FMI, qui tient en trois pages, se résume à cette phrase à l’effet que « directors generally considered it appropriate to start tightening fiscal policy this year to smooth adjustment », soit en termes clairs la mise en place d’une politique de rigueur budgétaire. Parmi les principales composantes préconisées par le FMI, relevons un retour sous des formes déguisées de la National Property Tax abolie après les élections de mai 2010.
« The directors encouraged the authorities to articulate an ambitious consolidation strategy centered on better prioritizing public expenditure, strengthening tax administration and broadening the tax base », ajoute l’Executive Board Assessment. Même si dans le document officiel et public aucun chiffre n’est avancé en termes d’effort fiscal nécessaire pour cet ajustement, d’autres sources soutiennent que pour le FMI, il pourrait représenter trois points à l’échelle de la Taxe à la valeur ajoutée (TVA). Ce chiffre de 3% de hausse de TVA avait été jeté en pâture par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, lors d’un récent Question Time à l’assemblée nationale, quand il avait été question de l’évolution du déficit budgétaire.
Réforme de la pension
Toutefois, les recommandations générales du FMI en vue de mettre à exécution cette politique de rigueur dans les dépenses publiques ne s’arrêtent pas là. La mission Petri, soutenue par le board, revient à la charge pour réclamer le démantèlement des subsides et la restructuration des State-Owned Enterprises (SOEs) avec dégraissage probable du personnel. « Subsidy reform and overhaul of public enterprises, as well as an improved framework for fiscal devolution, including a better use of real estate taxes, could also underpin the budgetary adjustment over the medium term », poursuit le communiqué du FMI.
La réforme de la pension demeure une des priorités du FMI, qui maintient que « directors also agreed that the external adjustment could benefit from further pension reforms that would boost national savings whilst strengthening social protection ». Les différentes mesures proposées par le FMI et qui ont fait l’iobjet de discussions avec le gouvernement en début d’année figurent dans le Staff Report, qui n’a pas été rendu public jusqu’ici.
L’évolution du taux de change de la roupie au cours de ces derniers mois a également retenu l’attention du conseil d’administration du FMI. Les indications sont que la roupie est considérée comme étant « modestly overvalued in real effective terms » et qu’une plus grande flexibilité doit être exercée avec une série d’autres mesures pour aiguiser la compétitivité des exportations mauriciennes et réduire le déficit des comptes courants.
Une révision des investissements prioritaires est également à l’ordre du jour et l’abandon de projets comme la construction du Harbour Bridge et un resizing du Road Decongestion Programme, annoncé récemment par le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Anil Bachoo, pourrait faire partie de ce que le FMI présente comme un « well-prioritized infrastructure investment ».
Le FMI se veut rassurant pour le court terme tout en soulignant l’urgence des réformes structurelles. « The near-term growth outlook is generally favourable, but an uncertain external environment carries risks. Against this background, directors encouraged the authorities to consolidate macroeconomic gains, strengthen policy buffers and pursue greater economic diversification through structural reforms to enhance the resilience of the economy », avance le FMI.