Le Board du Fonds monétaire international (FMI), réuni lundi dernier à Washington pour passer en revue le rapport de la mission menée par Martin Petri dans le cadre de l’« Article IV Consultation » en début d’année, appelle les autorités mauriciennes à continuer leurs efforts en vue de consolider les gains macroéconomiques récents et à poursuivre la diversification de l’économie nationale à travers des réformes structurelles en vue de renforcer sa résilience. Les directeurs exécutifs penchent pour un resserrement de la politique budgétaire dès cette année et appellent, par ailleurs, la Banque de Maurice et le gouvernement à collaborer étroitement en vue de régler le problème d’excès de liquidités sur le marché.
Présidée par Christine Lagarde, la directrice générale, la réunion du board du FMI a d’abord passé en revue les points forts du rapport de la mission Petri sur la performance de l’économie mauricienne et les enjeux d’avenir. « Executive Directors agreed with the thrust of the staff appraisal », souligne d’emblée une communication publiée par le FMI à l’issue de cette rencontre et basée sur un résumé des discussions préparé par Christine Lagarde. Les directeurs exécutifs ont pris note du fait que les politiques prudentes adoptées par Maurice ainsi que la solidité des institutions ont contribué à la réalisation d’une croissance soutenue, à une bonne gestion des risques inflationnistes et au maintien de la stabilité financière. « The near-term growth outlook is generally favorable, but an uncertain external environment carries risks », souligne le FMI, qui anticipe un taux de croissance de 3,7% pour cette année. Devant une telle conjoncture, les directeurs exécutifs du Fonds demandent aux autorités mauriciennes de consolider les récents gains macroéconomiques, à renforcer les « policy buffers » et à poursuivre la diversification de l’économie mauricienne à travers des réformes structurelles, et ce en vue de renforcer sa résilience.  
Le board du FMI estime que le moment est approprié de mettre à exécution des mesures de resserrement de la politique budgétaire pour faciliter l’ajustement et créer les conditions pour que l’objectif de réalisation d’un ratio de la dette de 50% (en pourcentage du Produit intérieur brut) d’ici 2018, comme fixé par la loi, puisse être atteint. Il invite en conséquence les autorités mauriciennes à élaborer une stratégie de consolidation budgétaire ambitieuse centrée sur la fixation des priorités en matière de dépenses publiques, un renforcement de l’administration fiscale ainsi qu’un élargissement de l’assiette fiscale. Cet ajustement budgétaire sur le moyen terme doit aussi reposer sur des réformes de la politique de subventions et une remise en ordre des entreprises publiques ainsi que sur une meilleure utilisation des taxes sur les projets immobiliers.
Passant en revue la politique monétaire, le board est d’avis que le « current monetary stance is broadly appropriate » mais considère qu’un départ de la politique accomodante adoptée jusqu’ici pourrait s’avérer nécessaire dans l’éventualité d’une intensification des pressions inflationnistes. Les directeurs du FMI suggèrent en outre une consolidation des dispositions institutionnelles et opérationnelles afin de soutenir une éventuelle adoption d’une structure d’« inflation targeting ».
Les directeurs se félicitent également de la solidité du secteur bancaire, qui reste bien capitalisé, rentable et résilient aux chocs. Cependant, ils trouvent que la situation d’excès de liquidités persistante dans le circuit bancaire a gêné le mécanisme de transmission monétaire, encourageant la désintermédiation et les crédits à risque. Le board demande aux autorités locales de considérer une approche de gestion des liquidités à travers l’émission d’un grand nombre de « governement paper » (obligations d’Etat ou bons du trésor) et exhorte le gouvement et la BoM à une meilleure conjugaison de leurs efforts. La coordination entre la BoM et la FSC doit aussi être plus approfondie pour s’assurer de la solidité du système financier général.
« Directors took note of the staff’s assessment that the rupee appears to be modestly overvalued in real effective terms », rapporte le FMI. Pour donner un coup de pouce à la compétitivité internationale de Maurice et réduire le profond déficit structurel des comptes courants, les directeurs recommandent une plus grande flexibilité au niveau du taux de change, des investissements bien élaborés dans l’infrastructure, des réformes accélérées dans le marché du travail, et des réformes au niveau des pensions afin de booster l’épargne tout en consolidant le filet de protection sociale.